Et si Robert Pirès avait signé au Real Madrid ? L’uchronie qui aurait changé le football

Cette histoire est une uchronie footballistique. Elle part d’un fait réel : à l’été 2000, Robert Pirès était tout proche du Real Madrid avant de finalement rejoindre Arsenal. Dans cette réalité alternative, il choisit Madrid. Les événements, dialogues, interviews et citations imaginaires appartiennent donc à cette histoire parallèle.


Été 2000 : Robert Pirès dit oui au Real Madrid

Et si Robert Pirès avait dit oui au Real Madrid ? La question n’est pas aussi improbable qu’elle en a l’air. À l’été 2000, le Français est tout proche de rejoindre la Maison Blanche. Il pose même avec le maillot madrilène, tandis que les dirigeants espagnols semblent convaincus d’avoir trouvé leur nouvelle recrue française. Dans notre réalité, Arsène Wenger finit pourtant par convaincre Pirès de rejoindre Arsenal. Ce choix va changer l’histoire des Gunners et faire du Français l’un des joueurs emblématiques de la Premier League.

Mais imaginons que, cette fois, Pirès choisisse Madrid. Une signature, un maillot blanc et une poignée de main avec Florentino Pérez suffisent alors à faire basculer toute une partie du football européen.

Le Real Madrid entre dans l’ère des Galactiques et Luís Figo vient d’arriver de Barcelone. Pirès n’est pas encore une superstar mondiale, mais il possède les qualités recherchées par le président madrilène : technique, intelligence de jeu, capacité à éliminer et surtout cette faculté à accélérer brutalement lorsqu’un espace s’ouvre. Il s’installe sur le côté gauche, pendant que Figo occupe le flanc droit.

Les supporters découvrent rapidement une particularité du Français : cette foulée étrange, les bras légèrement écartés, une course parfois presque « en canard » qui donne l’impression qu’il va perdre l’équilibre alors qu’il vient déjà de prendre deux mètres à son adversaire. Luís Figo, amusé, aurait pu résumer la situation dans une interview fictive : « Au début, je pensais qu’il allait tomber. Puis j’ai compris que lorsqu’il courait comme ça, c’était surtout le défenseur qui allait tomber. »

Pirès s’adapte rapidement à Madrid. Il combine avec Raúl, trouve Ronaldo dans la profondeur et apprend surtout à jouer sous la pression d’un club où chaque match est une obligation de résultat. Le jeune Français élégant devient progressivement un véritable joueur du Real.

Zidane reste à la Juventus

Dans notre réalité, l’été 2001 est marqué par l’arrivée de Zinedine Zidane au Real Madrid. Dans cette autre histoire, Florentino Pérez n’a plus la même raison de bouleverser son équipe. Figo est installé à droite, Pirès s’est imposé à gauche et le Français participe désormais activement à la construction du jeu.

Le président madrilène décide donc de ne pas recruter Zidane. Le Français reste à la Juventus. Ce choix paraît secondaire à l’époque, mais il constitue l’une des grandes bifurcations de cette uchronie. Le joueur qui devait devenir le symbole français du Real Madrid dans notre réalité n’en porte jamais le maillot, tandis que celui qui devait devenir une légende d’Arsenal devient le grand Français de la Maison Blanche.

Une fausse déclaration de Florentino Pérez, imaginée dans cette réalité parallèle, résumerait son choix : « Zidane était extraordinaire. Mais Robert était déjà là. Je n’avais pas besoin de chercher ailleurs ce que j’avais sous les yeux. »

Arsenal sans Pirès : les Invincibles disparaissent

À Londres, Arsène Wenger doit donc construire son Arsenal sans Robert Pirès. Thierry Henry, Patrick Vieira et Dennis Bergkamp sont toujours là et les Gunners restent une formidable équipe, mais il manque au collectif cette complémentarité qui allait devenir l’une des marques de fabrique de l’équipe londonienne.

Arsenal continue de jouer un football spectaculaire et de remporter des trophées. Mais en 2003-2004, quelques défaites à l’extérieur empêchent les Gunners de réaliser l’exploit historique que nous connaissons. Les Invincibles n’existent jamais.

L’ironie est presque parfaite : Arsenal a perdu le joueur qui aurait pu contribuer à écrire la plus belle page de son histoire, tandis que ce même joueur est devenu une star du Real Madrid.


Le tacle qui aurait pu tout changer

Le printemps 2002 arrive. Dans notre réalité, Robert Pirès se blesse gravement au genou et doit renoncer à la Coupe du monde. Dans cette autre histoire, il porte le maillot du Real lorsqu’une action va mettre sa carrière en suspens pendant quelques secondes.

Pirès reçoit le ballon sur son côté gauche et accélère. Un défenseur arrive lancé pour tenter de l’arrêter. Le Français comprend qu’il ne pourra pas éviter le contact et saute pour se protéger. Il retombe. Pendant un instant, le stade se tait. Pirès reste au sol, regarde son genou et attend. Les médecins s’approchent. Ses partenaires retiennent leur souffle. Puis le Français bouge sa jambe, se relève et fait quelques pas.

Rien. Son ligament est intact. Il reprend sa place. Dans notre réalité, cette scène aurait marqué le début d’une longue rééducation. Dans cette autre histoire, elle devient au contraire le moment où le destin laisse Robert Pirès poursuivre son aventure. Quelques semaines plus tard, il est en Corée du Sud.

Coupe du monde 2002 : Pirès prend la place de Zidane

La France arrive au Mondial avec son titre de championne du monde en poche, mais un autre événement bouleverse l’histoire : Zinedine Zidane, resté à la Juventus, se blesse pendant la préparation et doit déclarer forfait. En 1998, Pirès avait vécu le sacre des Bleus en regardant Zidane devenir le héros national. Quatre ans plus tard, les rôles sont inversés.

Le joueur du Real Madrid est au sommet de son art. Son expérience madrilène lui a donné une nouvelle dimension et son côté gauche devient l’une des principales armes offensives de l’équipe de France. Il accélère, combine, crée des espaces et apporte cette capacité à faire basculer une rencontre sur une action. La France traverse le tournoi différemment de notre réalité et atteint finalement la finale contre le Brésil.

« Robert nous refait le coup du débordement ! »

La finale est longtemps indécise. Le Brésil surveille Pirès, mais le Français ne cesse de bouger. Il quitte son couloir, revient chercher le ballon et attend le moment où son défenseur commettra une erreur. Elle arrive. Pirès reçoit le ballon sur le côté gauche et accélère. Les bras légèrement écartés, cette foulée si particulière presque « en canard » accompagne une nouvelle fois sa course. Le défenseur brésilien recule, mais le Français a déjà pris l’avantage.

Pirès lève la tête. Et soudain, un souvenir revient aux supporters français. Deux ans plus tôt, lors de la finale de l’Euro 2000 contre l’Italie, Pirès était entré en jeu et avait participé à l’action décisive qui avait conduit au but de David Trezeguet. Son débordement côté gauche avait été l’un des gestes déterminants de cette soirée historique. Cette fois, la scène se répète. Mais le contexte a changé.

Le commentateur français s’emporte : « Robert nous refait le coup du débordement côté gauche comme en finale de l’Euro 2000 ! Mais cette fois, c’est Thierry Henry qui est à la réception ! » Pirès centre. Le ballon est parfait. Henry surgit et reprend. But. La France est championne du monde.

Le geste est presque identique à celui de 2000. Mais cette fois, ce n’est pas Trezeguet qui attend le centre et ce n’est pas un titre européen qui est en jeu. C’est la Coupe du monde. Pirès vient d’offrir le but du sacre à Thierry Henry. Quelques secondes plus tard, ses coéquipiers l’ensevelissent sous leurs bras. Le Français qui avait échappé à la blessure quelques mois plus tôt vient de devenir le héros du Mondial 2002.

Le Ballon d’Or 2002

Après une Coupe du monde pareille, le Ballon d’Or semble presque lui être destiné. Pirès est champion du monde, il est l’un des joueurs majeurs du Real Madrid et son influence sur le jeu madrilène ne cesse de grandir. Le verdict tombe à la fin de l’année : Robert Pirès est sacré Ballon d’Or 2002, devant Ronaldo.

À Madrid, le Français change définitivement de statut. Il n’est plus seulement le joueur qui avait choisi le Real plutôt qu’Arsenal. Il est désormais l’un des meilleurs joueurs du monde. Une fausse phrase de Pirès, imaginée dans cette réalité parallèle, résumerait son nouveau statut : « En 1998, j’ai regardé Zizou soulever la Coupe. En 2002, c’est lui qui m’a regardé la soulever. La vie est parfois bizarre. »

Le Galactique français

Les années suivantes consacrent définitivement Pirès. Aux côtés de Luís Figo, il forme l’un des duos offensifs les plus redoutables d’Europe. Le Portugais évolue principalement à droite, Pirès à gauche, mais les deux hommes permutent régulièrement et alimentent Raúl et Ronaldo.

Le Français évolue également dans son jeu. Ses accélérations restent redoutables, mais il apprend à gérer davantage ses efforts et à dicter le rythme d’une rencontre. Les contacts ne l’effraient plus. Il est devenu plus solide, plus résistant, plus complet. Un journaliste lui demande un jour ce qui a changé depuis son arrivée à Madrid. Pirès sourit : « Merci Aimé. Grâce à lui, j’ai enfin musclé mon jeu. »

La phrase devient célèbre. Elle fait référence aux conseils qu’Aimé Jacquet lui aurait prodigués dans cette réalité alternative et finit par devenir un véritable running gag autour du joueur. Sur le terrain, Pirès continue pourtant de parler sérieusement. Le Real Madrid remporte notamment deux nouvelles Ligues des Champions, en 2004 et 2006, et le Ballon d’Or français devient l’un des visages majeurs des Galactiques.

Zidane, lui, reste une légende de la Juventus. Les deux hommes ne seront jamais coéquipiers au Real Madrid. Une étrange rivalité à distance s’installe entre eux, nourrie par une question qui revient régulièrement : que se serait-il passé si Pirès et Zidane avaient finalement joué ensemble ? Une fausse réponse de Zidane aurait pu faire sourire : « Je crois que Robert m’a volé Madrid. Mais puisqu’il en a fait une légende, je ne peux pas vraiment lui en vouloir. »

Le retour aux sources

Lorsque la fin de carrière approche, Robert Pirès reçoit plusieurs propositions pour continuer à jouer. Mais son choix est déjà fait. Il veut revenir à Metz.

En 2010, à 36 ans, le Ballon d’Or du Real Madrid revient donc au FC Metz. Le retour provoque une immense émotion en Lorraine. Pirès retrouve les souvenirs de ses débuts et notamment Cyril Pouget, avec lequel il décide de vivre une dernière aventure. Les supporters ressortent rapidement un surnom : les Tontons Flingueurs.

Pour leur dernier match à Saint-Symphorien, les deux hommes combinent une dernière fois. Pouget remet le ballon à Pirès, qui lui rend immédiatement avant de se projeter dans la surface. Le une-deux fonctionne encore. Le geste est moins rapide qu’autrefois, mais la complicité est intacte. Pirès marque. Le stade explose.

Il lève les bras et regarde les tribunes. Pendant quelques secondes, le Ballon d’Or, le champion du monde et la légende du Real Madrid disparaissent. Il ne reste que le gamin de Metz. Après la rencontre, un journaliste lui demande s’il changerait quelque chose à sa carrière. Pirès réfléchit avant de sourire : « J’aurais peut-être aimé jouer avec Zizou à Madrid. Mais finalement, chacun a écrit son histoire. Et la mienne n’est pas trop mal. » Puis quelqu’un lui reparle de la fameuse phrase d’Aimé Jacquet. Pirès éclate de rire : « Merci Aimé. J’ai vraiment fini par muscler mon jeu. »

Épilogue : « Il avait sacrément musclé son jeu »

Les années passent. Robert Pirès s’éloigne définitivement des terrains, mais son nom reste associé à une époque exceptionnelle du football français et madrilène. À Madrid, on se souvient du Ballon d’Or et de son association avec Figo. En France, on se souvient surtout du champion du monde 2002 qui avait pris la relève de Zidane. À Metz, on continue de parler du jeune joueur qui rêvait simplement de devenir professionnel.

Puis vient le jour où Pirès disparaît. Ils sont nombreux à lui rendre hommage. D’anciens coéquipiers, des amis, des supporters et des générations de joueurs se retrouvent pour saluer une dernière fois celui dont la carrière aura finalement été très différente de celle que nous connaissons.

Après la cérémonie, quelques anciens compagnons de route restent ensemble. Les souvenirs reviennent : Madrid, la Coupe du monde, les grandes soirées européennes, les débuts à Metz, les histoires de vestiaire. Puis quelqu’un reparle d’Aimé Jacquet. Un ancien compagnon de route sourit.

— Ah ça… Il avait sacrément musclé son jeu, le brave Robert.

Quelques sourires apparaissent. Tout le monde connaît la plaisanterie. Et finalement, cette petite phrase résume peut-être toute son histoire. Le jeune joueur de Metz était devenu champion du monde. Le joueur élégant était devenu Ballon d’Or. Celui qui avait failli signer au Real Madrid en 2000 avait finalement porté le maillot blanc et changé l’histoire des Galactiques.

Tout était parti d’un choix. Dans notre réalité, Robert Pirès avait choisi Arsenal. Dans cette autre réalité, il avait choisi Madrid. Et le football n’avait plus jamais été le même.

Robert Pirès avait simplement passé sa vie à muscler son jeu.

Et vous, auriez-vous aimé voir Robert Pirès jouer au Real Madrid ? Pensez-vous qu’il serait devenu une légende de la Maison Blanche comme il l’est devenu à Arsenal ? Et surtout, une telle carrière madrilène aurait-elle changé son statut en équipe de France ? Aurait-il pu devenir le véritable successeur de Zinedine Zidane chez les Bleus ?

À vous de nous dire ce que vous en pensez dans les commentaires !

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