Andriy Shevchenko : le transfert raté qui a brisé le mythe

L’histoire du football regorge de destins brisés. Vous pouvez avoir connu une ascension fulgurante, être monté sur le toit de l’Europe, puis voir votre carrière basculer sur un mauvais choix de transfert. C’est malheureusement ce qui est arrivé à Andriy Shevchenko. Les plus jeunes passionnés ne se souviennent peut-être pas de l’attaquant ukrainien, découvert au Dynamo Kiev et dont la carrière a explosé sous le maillot du Milan AC.

Alors que son parcours frôlait la perfection, tout a basculer lors de sa signature à Chelsea à l’été 2006. Retour sur ce transfert historique qui a fait passer Andriy Shevchenko du statut de dieu vivant à San Siro à celui de simple remplaçant à Stamford Bridge.


Comment Andriy Shevchenko est devenu une légende absolue du Milan AC

On ne s’impose pas par hasard au Milan AC. Si Andriy Shevchenko attise la convoitise du club italien, alors présidé par Silvio Berlusconi, c’est grâce à ses exploits mémorables avec le Dynamo Kiev. Sous la houlette du légendaire entraîneur Valeri Lobanovski, le club ukrainien crée la surprise lors de la saison 1997/1998 en atteignant les quarts de finale de la Ligue des Champions.

Durant ce tournoi, Shevchenko se révèle à l’Europe entière en inscrivant un triplé retentissant au Camp Nou face au FC Barcelone. La saison suivante confirme son génie : il termine meilleur buteur de la C1 avec 10 réalisations. Après avoir remporté 5 titres de champion d’Ukraine, l’attaquant doit franchir un cap.

Le Milan AC décroche la signature du joueur le plus convoité de l’été 1999. Sa première saison en Italie est exceptionnelle : il inscrit 24 buts en 32 matchs et devient Capocannoniere (meilleur buteur de Serie A) dès sa première année. Un exploit rare, réalisé avant lui par un certain Michel Platini.

L’apothéose de son aventure milanaise arrive en 2003. Shevchenko inscrit le tir au but vainqueur en finale de la Ligue des Champions contre la Juventus Turin à Old Trafford. Il déclarera plus tard :

« Le penalty à Manchester est le but le plus important de ma vie. Il m’a permis de réaliser mon rêve et d’entrer dans l’histoire du Milan. »

L’année suivante, en 2004, c’est la consécration suprême. Il décroche le Scudetto, un nouveau titre de meilleur buteur et remporte le Ballon d’Or.

Seule ombre au tableau : la terrible finale de la Ligue des Champions 2005 perdue face à Liverpool, où il bute sur Jerzy Dudek lors du dernier tir au but. Cet échec a-t-il pesé dans sa décision de changer d’air ? À l’été 2006, après plusieurs approches de Chelsea, le joueur cède aux sirènes de la Premier League.

Pourquoi un tel échec à Chelsea après le triomphe en Italie ?

À chaque transfert raté, on retrouve souvent le même scénario : un joueur désiré par le président, mais boudé par son entraîneur. Le départ de Shevchenko à Chelsea n’échappe pas à la règle. À l’époque, le propriétaire des Blues, Roman Abramovitch, veut absolument s’offrir la star ukrainienne pour en faire le fer de lance de son équipe.

Le problème ? L’entraîneur de l’époque, José Mourinho, ne partage pas cet avis. Le technicien portugais a installé son système autour de Didier Drogba et refuse de bousculer ses plans. Rapidement, Shevchenko est relégué sur le banc de touche.

Au-delà de la concurrence et de l’éclosion de Drogba, Shevchenko joue de malchance en enchaînant les blessures graves (adducteurs, hernie inguinale et genou). Dans son autobiographie My Life, My Football, il analyse son calvaire londonien avec lucidité :

« J’aimerais que les gens comprennent que mes difficultés étaient dues à des problèmes physiques. Pendant l’opération, quelque chose ne s’est pas passé comme prévu. Je n’étais plus que l’ombre du joueur que j’étais. J’ai perdu toute ma force. »

Le départ du Milan AC : erreur de carrière ou choix justifiable ?

L’ancien président du Dynamo Kiev, Igor Surkis, déclarera que ce départ à Chelsea était « la plus grosse erreur de sa carrière ». Pourtant, sur le papier, le choix sportif faisait sens. Shevchenko avait tout gagné avec Milan et quittait le club au sommet de sa gloire avec 175 buts en 296 matchs (deuxième meilleur buteur de l’histoire du club derrière Gunnar Nordahl). Rejoindre l’équipe dominante de Premier League était un défi excitant, même si le style physique anglais et le management de Mourinho ne lui convenaient pas.

Sa fin de carrière sera plus discrète. Un prêt retour anonyme au Milan AC en 2008 (alors que le club entrait dans l’ère Ronaldinho, Alexandre Pato et Kaká) se solde par un échec. Il boucle finalement la boucle en retournant finir ses jours de joueur au Dynamo Kiev.

Malgré ce passage manqué en Angleterre, sa légende reste intacte. Son capitaine emblématique Paolo Maldini résumera parfaitement son impact :

« Lorsqu’il est arrivé, on a compris tout de suite que c’était un grand. Il a marqué énormément de buts et a démontré qu’il était l’une des meilleures recrues de l’histoire du Milan. »


Comment expliquez-vous le déclin si rapide d’Andriy Shevchenko à Chelsea ? Est-ce la faute du système de José Mourinho ou la conséquence directe de ses blessures physiques ? Donnez-nous votre avis dans l’espace commentaires ci-dessous !

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1 réflexion au sujet de « Andriy Shevchenko : le transfert raté qui a brisé le mythe »

  1. Il y a une vraie malédiction des numéros 9 à Chelsea : Fernando Torres a fait un flop, Andrei Shevchenko aussi

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