
Champion du monde sans avoir inscrit le moindre but. Près de trente ans après France 98, voilà encore le paradoxe auquel Stéphane Guivarc’h reste le plus souvent associé. Dans la mémoire collective, son nom évoque moins ses exploits avec l’AJ Auxerre, ses deux titres consécutifs de meilleur buteur du championnat de France ou ses dizaines de buts inscrits au cours de sa carrière que quelques occasions manquées face au Brésil, le 12 juillet 1998. Cette finale, pourtant remportée 3-0 par les Bleus, a fini par enfermer l’ancien attaquant dans une image dont il semble difficile de s’échapper : celle du numéro 9 champion du monde qui n’a jamais marqué pendant le tournoi.
Pourtant, réduire Stéphane Guivarc’h à ces quelques images serait passer à côté d’une réalité beaucoup plus complexe. L’ancien Auxerrois arrive à la Coupe du monde au terme d’une saison exceptionnelle mais extrêmement longue, après avoir enchaîné les compétitions pendant près d’une année entière. Il évolue également avec les Bleus dans un système différent de celui qu’il connaît à Auxerre, où son rôle de buteur est alimenté par une animation offensive pensée pour lui. En équipe de France, Aimé Jacquet lui demande davantage de travail dos au but, de pressing et de sacrifices collectifs. À cela s’ajoute une blessure dès le premier match du Mondial ainsi qu’une pression médiatique considérable, celle qui accompagne depuis plusieurs années la recherche du grand successeur de Jean-Pierre Papin.
Il ne s’agit donc pas de réécrire l’histoire. Stéphane Guivarc’h n’a effectivement inscrit aucun but pendant la Coupe du monde 1998 et il a manqué plusieurs occasions importantes, notamment en finale contre le Brésil. Ces faits sont incontestables. Mais ils ne suffisent pas à résumer ni son tournoi, ni surtout la carrière d’un joueur qui venait de réaliser l’une des saisons les plus impressionnantes de l’histoire récente d’un attaquant français.
Avant France 98, Stéphane Guivarc’h était un buteur exceptionnel
Pour comprendre ce qui est arrivé à Stéphane Guivarc’h pendant la Coupe du monde, il faut revenir à la saison 1997-1998. Quelques semaines avant le début du Mondial, l’attaquant de l’AJ Auxerre est tout simplement l’un des hommes les plus prolifiques du football français. En championnat, il inscrit 21 buts en 32 matchs et termine meilleur buteur de Division 1 pour la deuxième saison consécutive, après avoir déjà terminé en tête du classement des buteurs en 1996-1997 avec Rennes.
Mais les performances de Guivarc’h ne se limitent pas au championnat. Avec Auxerre, il participe à une campagne européenne particulièrement dense, commencée très tôt par la Coupe Intertoto avant de se poursuivre sur la scène continentale. Sa saison est celle d’un véritable marathon et son efficacité devant le but est impressionnante. Lorsqu’il arrive au printemps 1998, son statut de buteur ne fait plus aucun doute et ses performances expliquent naturellement pourquoi Aimé Jacquet décide de lui confier une place importante en équipe de France. Guivarc’h n’arrive pas au Mondial comme un simple complément d’effectif, mais avec le statut d’un véritable goleador.
C’est précisément ce qui rend la suite de son histoire si paradoxale. Comment un joueur capable de marquer autant de buts sur une saison entière peut-il traverser la plus grande compétition de sa carrière sans trouver une seule fois le chemin des filets ? La réponse ne peut évidemment pas être unique. Le football est rarement aussi simple. Mais plusieurs éléments permettent de comprendre pourquoi le Guivarc’h de l’équipe de France n’a pas été exactement celui que les supporters d’Auxerre avaient admiré pendant toute la saison.
Une saison commencée avec l’Intertoto et terminée par une Coupe du monde
Le premier élément est physique. La saison 1997-1998 de Stéphane Guivarc’h est particulièrement longue. À l’été 1997, il participe déjà à la Coupe Intertoto avec Auxerre, avant d’enchaîner une saison complète avec son club puis la Coupe du monde organisée en France. Autrement dit, lorsqu’il arrive au terme du tournoi le 12 juillet 1998, il vient pratiquement de vivre douze mois de football sans interruption.
Il ne faut évidemment pas transformer cette accumulation en explication universelle. La fatigue ne permet pas de justifier chaque occasion manquée et Guivarc’h lui-même n’a jamais été le seul joueur à sortir d’une longue saison avant un grand tournoi. Mais pour un attaquant, la fraîcheur physique peut jouer un rôle considérable. La vivacité dans les premiers mètres, la capacité à répéter les courses, la coordination dans le dernier geste et la lucidité devant le gardien peuvent toutes être affectées par l’accumulation des matchs.
Ce contexte est d’autant plus important que Guivarc’h n’arrive pas à la Coupe du monde en ayant été ménagé pendant plusieurs semaines. Il a porté l’attaque d’Auxerre tout au long de la saison et a participé à un calendrier particulièrement chargé. Le Mondial 1998 n’est donc pas le point de départ de sa saison, mais son dernier chapitre, et probablement le plus exigeant.
À Auxerre, Guivarc’h évoluait dans un environnement différent
L’explication tactique est peut-être encore plus importante. À Auxerre, Stéphane Guivarc’h évolue dans un contexte qui correspond parfaitement à ses qualités. Il est le point de finition d’une équipe dont l’animation offensive lui permet de recevoir régulièrement des ballons dans les zones où il est le plus dangereux. L’AJA utilise notamment une organisation avec des joueurs capables d’animer les couloirs et d’apporter des ballons vers l’avant-centre.
Cette différence avait déjà été soulignée avant la Coupe du monde. À Auxerre, l’attaquant bénéficie d’une équipe dont le jeu lui permet de recevoir davantage de ballons venant des côtés et d’évoluer plus naturellement dans la surface adverse. Guivarc’h peut ainsi se concentrer sur les déplacements dans les derniers mètres, l’anticipation des centres et la recherche du but, autant de situations qui correspondent parfaitement à ses qualités de finisseur.
Avec l’équipe de France, la situation est différente. Les Bleus de 1998 disposent de joueurs offensifs extraordinaires, à commencer par Zinédine Zidane et Youri Djorkaeff, mais ces deux joueurs ne sont pas des ailiers traditionnels chargés de rester sur leur ligne et de multiplier les centres vers l’avant-centre. Zidane aime organiser le jeu, venir toucher le ballon dans les zones centrales et créer entre les lignes. Djorkaeff possède lui aussi une grande liberté dans son jeu et cherche naturellement à participer à la construction.
Cette différence change profondément le quotidien du numéro 9. À Auxerre, Guivarc’h peut davantage se concentrer sur les déplacements dans la surface, l’anticipation des centres et la recherche du but. Avec les Bleus, il se retrouve souvent plus isolé et doit participer à d’autres phases du jeu. Le système français lui demande donc une adaptation importante et ne lui offre pas systématiquement les mêmes situations que celles auxquelles il était habitué en club.
Le numéro 9 d’Aimé Jacquet devait aussi faire le travail de l’ombre
L’une des erreurs les plus fréquentes lorsqu’on analyse le tournoi de Stéphane Guivarc’h consiste à regarder uniquement sa colonne statistique. Zéro but, donc tournoi raté. Le raisonnement peut sembler évident, mais il oublie complètement la fonction collective qu’il occupe dans l’équipe d’Aimé Jacquet. Le numéro 9 français doit presser, fixer les défenseurs, proposer des solutions en profondeur et servir de point d’appui lorsque l’équipe doit ressortir le ballon.
Dans une équipe particulièrement compacte, l’attaquant de pointe est également chargé d’effectuer un travail de sape qui ne se retrouve pas forcément dans les statistiques. Il doit parfois conserver le ballon dos au but afin de permettre au bloc français de remonter, gagner des duels ou attirer les défenseurs pour créer des espaces.
Le rôle de Guivarc’h est donc plus complexe que celui d’un simple finisseur attendant dans la surface. Plus un attaquant est amené à participer au jeu loin du but, plus il peut perdre certaines situations qui, dans son club, lui auraient permis de se retrouver dans une position idéale pour conclure. Cela ne veut pas dire qu’il n’avait pas d’occasions, puisque la finale contre le Brésil prouve évidemment le contraire, mais il est essentiel de comprendre que le meilleur buteur du championnat de France n’évolue pas avec les Bleus dans le même environnement que celui qui lui permettait d’empiler les buts avec Auxerre.
Une blessure dès le premier match du Mondial
Comme si la longueur de sa saison ne suffisait pas, le tournoi de Stéphane Guivarc’h est perturbé dès le début par un problème physique. Le 12 juin 1998, lors du premier match de la France contre l’Afrique du Sud, Aimé Jacquet le titularise à la pointe de l’attaque. Mais son match s’arrête prématurément et Christophe Dugarry le remplace après sa blessure.
Cette blessure bouleverse forcément son début de compétition. Il ne participe pas au deuxième match contre l’Arabie saoudite avant de revenir progressivement au cours du tournoi. Il entre ensuite en jeu contre le Danemark et le Paraguay avant de retrouver une place importante lors des grands rendez-vous de la phase finale. Il doit donc retrouver ses sensations en pleine Coupe du monde, alors que la compétition ne laisse pratiquement aucun temps pour récupérer.
Il serait évidemment excessif d’affirmer que Guivarc’h était incapable de jouer. S’il retrouve le terrain, c’est qu’il est jugé apte à participer à la compétition. Mais une blessure au début d’un tournoi aussi intense peut empêcher un joueur de retrouver immédiatement son meilleur niveau physique et ses automatismes.
La pression du successeur de Jean-Pierre Papin
À cette époque, le poste d’avant-centre de l’équipe de France est également chargé d’une dimension symbolique particulière. Depuis plusieurs années, le football français cherche celui qui pourra s’imposer comme le grand buteur des Bleus. Jean-Pierre Papin a profondément marqué l’imaginaire collectif et la question de sa succession revient régulièrement.
Guivarc’h arrive au moment idéal pour attirer les attentes. Il vient de terminer deux saisons consécutives comme meilleur buteur du championnat de France. Il marque régulièrement et possède le profil du véritable numéro 9. La presse et les supporters veulent naturellement voir en lui le buteur capable de régler les difficultés offensives des Bleus.
Car l’équipe de France d’Aimé Jacquet est régulièrement accusée de ne pas suffisamment marquer. Son organisation est solide, son milieu de terrain exceptionnel et sa défense particulièrement efficace, mais le débat offensif revient sans cesse. Qui va marquer ? Qui va transformer la domination française en buts ? Une partie de la réponse semble alors reposer sur Stéphane Guivarc’h.
Cette responsabilité est immense. À chaque occasion manquée, les interrogations se multiplient. À chaque match sans but, le débat revient. Et lorsque la compétition se déroule à domicile, la pression prend une dimension encore plus importante. Plus on attend d’un buteur qu’il marque, plus chaque occasion ratée prend une importance considérable.
La finale contre le Brésil et les images qui ont tout changé
C’est évidemment lors de la finale du 12 juillet 1998 que l’image de Stéphane Guivarc’h se fixe définitivement dans la mémoire collective. La France affronte le Brésil au Stade de France et les Bleus prennent rapidement l’initiative. Guivarc’h se procure plusieurs situations, dont certaines resteront longtemps associées à son nom.
Ces images sont devenues les symboles de son tournoi. Pourtant, elles ne racontent pas toute son activité pendant la rencontre. Guivarc’h continue à faire des appels, à peser sur la défense brésilienne et à participer au jeu offensif français. Le problème est que le football possède une mémoire sélective : une occasion manquée en finale de Coupe du monde peut suivre un joueur pendant toute sa vie.
Le détail important de la deuxième réalisation de Zidane
Il existe une idée régulièrement évoquée au sujet de la finale : Stéphane Guivarc’h aurait obtenu les deux corners sur lesquels Zinédine Zidane inscrit ses deux buts. Après vérification, il faut être beaucoup plus précis. Le premier but de Zidane ne provient pas d’un corner obtenu par Guivarc’h. La France bénéficie d’un coup de pied de coin et Zidane ouvre le score de la tête à la 27e minute.
En revanche, Guivarc’h participe directement à la séquence qui précède le deuxième but. Alors que la première période touche à sa fin, il se retrouve face à Taffarel et sa frappe est détournée par le gardien brésilien en corner. Le premier corner qui suit est ensuite dégagé par la défense brésilienne, mais la France conserve la pression et obtient un nouveau coup de pied de coin. Youri Djorkaeff le tire et Zinédine Zidane inscrit son deuxième but de la tête.
La contribution de Guivarc’h est donc indirecte, mais bien réelle. Sa frappe arrêtée par Taffarel permet aux Bleus d’obtenir la première situation sur coup de pied arrêté de cette séquence qui se termine quelques instants plus tard par le deuxième but de Zidane. Il ne faut pas aller plus loin et prétendre que Guivarc’h a offert les deux buts à Zidane, ce qui reviendrait à réécrire l’histoire. Mais il serait tout aussi faux de considérer qu’il n’a été qu’un simple spectateur de la victoire française.
Pourquoi un tel buteur n’a-t-il pas marqué pendant le tournoi ?
C’est probablement la question centrale de toute cette histoire. Comment expliquer que le meilleur buteur du championnat de France, auteur d’une saison exceptionnelle, n’ait pas inscrit le moindre but pendant le Mondial ? La réponse se trouve sans doute dans l’addition de plusieurs facteurs plutôt que dans une seule explication.
Il y a d’abord la longueur d’une saison commencée avec l’Intertoto et terminée par une finale de Coupe du monde. Il y a ensuite la blessure survenue dès le premier match, qui perturbe son début de compétition et l’empêche de trouver immédiatement une continuité. Il faut également tenir compte du système de jeu, puisque Guivarc’h n’est pas utilisé exactement comme il l’est à Auxerre.
Enfin, il y a la pression. Celle qui accompagne chaque numéro 9 de l’équipe de France, mais qui devient particulièrement intense lorsqu’il s’agit d’une Coupe du monde disputée à domicile. Guivarc’h porte alors l’étiquette du buteur providentiel, du successeur potentiel de Papin et de l’homme censé apporter davantage d’efficacité à une équipe régulièrement accusée de ne pas suffisamment marquer.
Aucun de ces éléments ne suffit à expliquer, à lui seul, ses difficultés. Mais leur accumulation permet de comprendre pourquoi le contexte de France 98 est beaucoup plus complexe que le simple jugement selon lequel Stéphane Guivarc’h aurait été un mauvais attaquant. Car les statistiques de sa saison précédente démontrent exactement le contraire.
Un numéro 9 arrivé à la fin d’une époque
Il faut également replacer Guivarc’h dans l’évolution du football de la fin des années 1990. Son profil correspond à une certaine tradition de l’avant-centre européen : un joueur capable de jouer dos au but, de peser physiquement sur une défense, de se placer dans la surface et de terminer les actions.
Mais le football change progressivement. Une nouvelle génération d’attaquants apparaît et le jeu devient de plus en plus rapide. Les transitions prennent davantage d’importance et les joueurs capables d’attaquer les espaces à très grande vitesse deviennent des armes offensives majeures. Thierry Henry et Nicolas Anelka représentent cette évolution et contribuent à transformer progressivement l’image de l’attaquant français.
Il ne faut pourtant pas opposer artificiellement les générations. Guivarc’h n’était pas un mauvais joueur parce qu’Henry était plus rapide. Il appartenait simplement à un autre profil et à une autre conception du poste d’avant-centre. Le football évoluait, et lui se retrouvait au milieu de cette transition.
Un joueur qui n’a jamais cherché le star-system
Il existe enfin une dimension humaine dans le parcours de Stéphane Guivarc’h. L’ancien attaquant n’a jamais réellement incarné le football des paillettes ou la recherche permanente de la lumière médiatique. Son parcours donne plutôt l’image d’un joueur qui a construit sa carrière progressivement, loin de l’évidence et du statut de star annoncé dès l’adolescence.
C’est aussi ce qui rend le jugement porté sur lui particulièrement sévère. Un joueur peut passer des années à construire une réputation de buteur, inscrire des dizaines de réalisations et atteindre le sommet avec une équipe championne du monde, puis voir une grande partie de son histoire résumée à quelques secondes d’une finale.
Le football fonctionne parfois ainsi. Il transforme certains instants en vérités définitives. Mais la réalité est presque toujours plus nuancée.
Stéphane Guivarc’h mérite d’être jugé dans son ensemble
Réhabiliter Stéphane Guivarc’h ne consiste pas à nier ce que tout le monde a vu. Il n’a pas marqué pendant la Coupe du monde 1998. Il a raté des occasions importantes et certaines auraient pu changer encore davantage le déroulement de la finale contre le Brésil.
Mais ces occasions ne peuvent pas effacer tout le reste. Elles ne peuvent pas effacer sa saison 1997-1998, au cours de laquelle il inscrit 21 buts en 32 matchs de championnat et termine meilleur buteur de Division 1 pour la deuxième année consécutive. Elles ne peuvent pas non plus effacer une campagne européenne remarquable et une saison commencée dès l’Intertoto.
Elles ne doivent pas non plus masquer le rôle collectif qui lui est demandé par Aimé Jacquet. Le système des Bleus ne fait pas de lui un simple chasseur de buts isolé dans la surface adverse. Il doit travailler, presser et servir de point d’appui à une équipe dont la priorité reste l’équilibre collectif. La France a gagné la Coupe du monde avec ce système, et Stéphane Guivarc’h en faisait partie.
Il ne faut pas réécrire son histoire, simplement la regarder autrement
Le véritable problème de Stéphane Guivarc’h n’est peut-être pas son absence de but pendant France 98. Le véritable problème est que cette absence a fini par dévorer toute sa carrière dans la mémoire collective. On se souvient du joueur qui a manqué des occasions contre Taffarel, mais beaucoup moins de celui qui venait d’inscrire une saison exceptionnelle avec Auxerre. On se souvient du numéro 9 resté muet pendant le Mondial, mais beaucoup moins du meilleur buteur du championnat de France.
Pourtant, les deux réalités peuvent coexister. Oui, Stéphane Guivarc’h a vécu une Coupe du monde difficile devant le but. Oui, il a raté des occasions importantes. Mais il est également arrivé à ce tournoi après une saison exténuante, a été perturbé par une blessure dès le premier match et a dû évoluer dans un rôle qui ne correspondait pas entièrement à celui qui avait fait de lui l’un des meilleurs buteurs français.
Et surtout, il est devenu champion du monde. Une équipe championne du monde n’est pas composée uniquement de joueurs qui marquent. Elle est composée de profils complémentaires, de travailleurs de l’ombre, de joueurs qui créent des espaces et de joueurs dont la contribution ne se résume pas toujours à une statistique.
Stéphane Guivarc’h n’a pas inscrit son nom au tableau des buteurs pendant la Coupe du monde 1998. Mais cela ne signifie pas qu’il n’a pas participé à la victoire de son équipe. Il mérite donc mieux que l’image d’un montage de quelques occasions manquées.
Avant France 98, Stéphane Guivarc’h était un buteur. Un véritable buteur, capable d’inscrire des dizaines de réalisations et de porter l’attaque d’une équipe comme l’AJ Auxerre. Pendant le Mondial, il a traversé une période beaucoup plus compliquée, dans un contexte physique et tactique qui mérite d’être analysé avec davantage de profondeur. Après cela, son histoire a été simplifiée, parfois jusqu’à devenir injuste.
Il est temps de remettre les choses à leur place. Stéphane Guivarc’h n’a pas besoin que l’on transforme son Mondial 1998 en tournoi parfait. Il n’a pas besoin que l’on invente des passes décisives ou que l’on prétende qu’il n’a pas raté d’occasions. Il mérite simplement que l’on se souvienne de l’ensemble : de ses buts, de ses qualités, de sa saison exceptionnelle avec Auxerre, de son rôle avec les Bleus, de ses difficultés et, finalement, de son titre de champion du monde.
Car avant d’être l’attaquant qui n’a pas marqué pendant France 98, Stéphane Guivarc’h était un grand buteur du football français. Et c’est aussi comme cela qu’il mérite d’être retenu.
Et vous, quel souvenir gardez-vous de Stéphane Guivarc’h ?
Stéphane Guivarc’h est-il injustement résumé à ses occasions manquées pendant la Coupe du monde 1998, ou son manque d’efficacité durant le tournoi doit-il rester au centre de son bilan avec les Bleus ? Dites-nous en commentaire quel regard vous portez aujourd’hui sur le champion du monde et sur cette génération de l’équipe de France.