
Son histoire avec l’équipe de France de football s’est transformée en rêve un soir de juillet 1998, grâce à deux coups de tête magistraux contre le Brésil. Mais cette aventure unique s’est aussi arrêtée sur un coup du sort : un malheureux geste de la tête en finale de la Coupe du monde 2006 face à l’Italie. Après plusieurs années à patienter que le poste se libère, Zidane s’apprête enfin à devenir le prochain sélectionneur des Bleus. L’enthousiasme du public est immense à l’idée de revoir « Zizou » avec la tunique bleue. Pourtant, derrière la ferveur populaire, c’est sans doute le plus grand challenge de sa carrière d’entraîneur qui l’attend. L’icône de tout un pays parviendra-t-elle à faire décrocher un nouveau titre mondial à la France ? Voici les raisons d’y croire.
L’aura de Zinédine Zidane : un management respecté par les joueurs
Dans le reportage de L’Équipe *« Zinédine Zidane, son nom est Yazid »*, Raymond Domenech évoquait déjà l’aura unique du meneur de jeu français :
« Autour d’une table, au bout d’un moment, quand il y a une décision à prendre, ils se tournent tous vers lui pour lui demander ce qu’il en pense alors qu’il n’a encore rien dit. Il a ce truc du chef qui est là, qui équipe, qui tranche. »
À la question du journaliste sur l’origine de ce charisme, Domenech ajoutait :
« Il y a des gens comme ça qui dégagent quelque chose. Tous ceux qui croisaient Johnny Hallyday disaient la même chose : « Tu n’oses pas t’approcher ». Tu ne peux pas lui taper sur l’épaule quand tu ne le connais pas. Zizou, c’est pareil. »
Tous les commentaires sur l’ancien numéro 10 vont dans ce sens. Récemment encore, Emmanuel Petit disait de son ancien coéquipier dans l’émission Rothen s’enflamme : « C’est un alchimiste, il transforme tout ce qu’il touche en or ».
Le public français s’est d’ailleurs mobilisé en masse lorsque Noël Le Graët, ancien président de la Fédération française de football (FFF), a tenu des propos désobligeants à son sujet. Déclarant dans l’émission *Bartoli Time* qu’il ne prendrait pas Zidane au téléphone et qu’il n’en avait « rien à secouer » de le voir sélectionneur du Brésil, cette sortie lunaire a provoqué une vague d’indignation. Elle a surtout démontré la solidarité totale du football français autour de Zidane. Le joueur était splendide sur le terrain, et l’homme a définitivement conquis les supporters par son humilité.
Un leadership naturel pour gérer le vestiaire des Bleus
Dans un vestiaire, Zidane est écouté et respecté. Plus encore, les joueurs se font un devoir de perpétuer sa légende. On l’a bien vu au Real Madrid, où l’effectif madrilène était en totale osmose avec son coach. On peut imaginer sans peine que les joueurs actuels de l’équipe de France voudront faire partie de l’histoire et lui offrir un titre de champion du monde en tant que sélectionneur.
Zidane devra faire des choix forts avec un effectif riche en talents offensifs, où il sera difficile de contenter tout le monde. S’il fera forcément des déçus et des frustrés, son autorité naturelle sera une arme majeure pour maintenir l’unité du groupe.
Une sélection nationale peut se construire dans l’adversité, à l’instar de l’équipe de France 98. Cependant, la pression médiatique actuelle est bien plus forte qu’il y a trente ans. À l’heure des réseaux sociaux et des chaînes d’information en continu, la moindre polémique enfle rapidement. Heureusement, Zidane va bénéficier d’un climat serein pour travailler, du moins jusqu’aux prochaines grandes échéances internationales. Le public et les médias lui laisseront le temps d’imposer ses idées tactiques face à des joueurs désireux de découvrir une nouvelle méthode de travail.
Une expérience colossale acquise sur le banc du Real Madrid
L’histoire du football est parsemée de grands joueurs devenus de piètres sélectionneurs. Diego Maradona rentre malheureusement dans cette catégorie, tout comme Kevin Keegan en Angleterre. En France, Michel Platini a également souffert à ce poste, faute d’une génération brillante à cette période et d’une vocation de manager moins affirmée.
À l’inverse d’autres contre-exemples comme Franz Beckenbauer, Zidane possède une expérience hors-norme et très diverse. Il a connu le football français, italien et espagnol au plus haut niveau. Durant sa carrière, il a côtoyé les plus grands entraîneurs : en Italie, il a appris aux côtés de légendes telles que Marcello Lippi ou Carlo Ancelotti. À Madrid, il a observé les erreurs à éviter sous la direction de techniciens comme Vanderlei Luxemburgo ou Carlos Queiroz.
Le mythe des trois Ligues des champions consécutives
Ce qui va grandement aider Zidane, ce sont ses années passées sur le banc du Real Madrid, où il a remporté trois Ligues des champions consécutives. Ses détracteurs diront qu’il n’a jamais entraîné d’autre club, ou que son effectif était extraordinaire. Peu importe : les trophées ne tombent pas du ciel.
Zidane a énormément appris à Madrid, où la gestion humaine n’a pas toujours été facile (notamment avec des joueurs comme Gareth Bale ou Isco). Comme le veut le dicton : une année sur le banc du Real Madrid en vaut cinq ailleurs. En faisant de l’équipe de France sa priorité absolue, l’ancien entraîneur madrilène a eu tout le temps nécessaire pour réfléchir à la composition de son staff et aux changements tactiques à apporter.
Zidane et la Coupe du monde : une histoire d’amour unique
Zidane restera à jamais le double buteur de la finale de 1998 contre le Brésil. Aux yeux du grand public, il demeure celui qui a offert sa première Coupe du monde à la France, bouleversant par la même occasion la place du football dans la société française.
Son histoire personnelle est indissociable de cette compétition. En tant que joueur, il a disputé trois Coupes du monde et atteint la finale à deux reprises. S’il a manqué le tournoi de 2002 en raison d’une blessure, il a marqué les esprits en trouvant le chemin des filets lors de ses deux finales (1998 et 2006).
Zidane porte cette compétition dans ses tripes. Lors de son retour en sélection en 2006, il n’est pas revenu seul : les retours simultanés de Lilian Thuram et Claude Makélélé ont été décisifs. Déjà entraîneur dans l’âme, le meneur de jeu connaissait les lacunes de l’équipe de France et savait exactement ce dont elle avait besoin pour prétendre à la victoire. Les tournois internationaux exigent de savoir vivre en vase clos durant plusieurs semaines. Le moindre grain de sable peut enrayer la machine, et Zidane en est pleinement conscient pour avoir vécu ces différents contextes.
Un management altruiste au service du collectif
Sur le terrain, Zinédine Zidane était un meneur de jeu qui cherchait avant tout à faire briller ses partenaires. L’altruisme était sa principale qualité, lui qui préférait délivrer une passe décisive plutôt que d’inscrire un but. Or, c’est précisément la première compétence attendue d’un sélectionneur national. Dès que l’on devient coach, il faut savoir s’effacer au profit du collectif pour mettre ses joueurs dans les meilleures conditions possibles.
Le fil conducteur de sa carrière a toujours suivi cette philosophie. Sur la pelouse, l’ancien numéro 10 décrochait régulièrement pour proposer des solutions à ses défenseurs et faciliter la relance. En tant qu’entraîneur, il applique les mêmes principes avec ses adjoints. Plutôt que de monopoliser le pouvoir, il délègue et donne une vraie place à ses collaborateurs, ce qui les crédibilise auprès de l’effectif.
Dans le football de sélection, les stages sont courts et peu nombreux au cours d’une saison. Il faut donc être efficace à chaque rassemblement, car les erreurs sont plus longues à corriger qu’en club. Heureusement, Zidane aura pour lui un staff dévoué à sa cause. Sa perception fine des besoins de son effectif sera également salutaire pour l’équipe.
L’ère Zidane chez les Bleus : le début d’un rêve ?
Beaucoup en avaient rêvé, et ce projet n’a jamais été aussi près de se concrétiser. Zidane s’apprête à devenir le prochain sélectionneur de l’équipe de France dès le 1er septembre. Après une si longue attente, il va bénéficier d’un état de grâce légitime auprès des supporters.
Cependant, plus les espoirs sont grands, plus les déceptions peuvent être lourdes. Zidane a tout pour réussir : une génération de joueurs en or, une expérience incroyable, un staff uni et le public derrière lui. Mais rien n’est jamais écrit d’avance dans le sport, et le succès se conquiert à la force du travail. Zidane n’a pas bâti sa glorieuse carrière sur son seul talent, mais sur une vie d’ascèse dédiée corps et âme à sa passion. Son histoire avec l’équipe de France n’est pas terminée, et gageons que le meilleur reste à venir…
Et vous, que pensez-vous de l’arrivée de Zinédine Zidane à la tête de l’équipe de France ? Le voyez-vous décrocher un nouveau titre de champion du monde avec les Bleus ? Donnez-nous votre avis dans les commentaires !