L’OM devait vivre une fin de saison palpitante avec l’espoir d’une qualification en Ligue des Champions mais l’épilogue de fin de saison s’est avéré être un véritable calvaire. L’OM termine cinquième et parvient in extremis à décrocher une place européenne, pas de quoi contenter les supporters marseillais. Si Habib Beye cristallise toute les critiques, une telle défaillance dans les ultimes journées ne peut s’expliquer par la seule remise en cause du coach. L’OM en est là aujourd’hui pour des raisons qui dépassent le seul cas de son coach. Retour sur une saison où le vers était dans le fruit dès le départ et qui ne pouvait que mal finir.
La gestion du cas Rabiot : le péché originel
Plusieurs mois plus tard, la gestion du cas Rabiot fait désormais partie du passé mais elle donne pourtant des explications au déroulé des événements actuels. Rappelons les faits, suite à une mauvaise prestation à Rennes le retour au vestiaire des joueurs marseillais est très tendu. Une bagarre éclate entre Rabiot et Rowe. L’affaire fait les gros titres dans la presse. Il est évoqué un affrontement physique nécessitant l’aide de la sécurité pour séparer les deux joueurs. On ne cautionnera pas ici la violence physique mais force est d’admettre que ce genre de situation n’est pas rare dans un vestiaire. Cela arrive dans tous les sports. Au lieu d’apporter calme et sérénité dans la tempête, la direction sportive de l’OM (Pablo Longoria et Medhi Benatia en tête) a rajouté de l’huile sur le feu. Il y a eu moult déclarations du directeur sportif, du coach et du président là où il aurait fallu en dire le moins possible. Tout cela a abouti à la situation ubuesque où l’OM a poussé vers la sortie son capitaine Adrien Rabiot. Le joueur, autrefois encensé par son coach De Zerbi, qui parlait de lui comme de son « fils », devient finalement un paria et alla rebondir au Milan AC. On peut bien prendre partie pour Rabiot ou l’OM le fait est que par cette décision le message envoyé au groupe fut désastreux. Pour les joueurs, cela veut donc dire qu’ils peuvent du jour au lendemain être placés sur la liste des transferts. Plus aucun joueur n’osera, tel Rabiot, reprendre sèchement un de ses coéquipiers. Les joueurs se censureront eux-mêmes pour ne pas avoir à subir les foudres de leur direction. La décision de la direction sportive a eu pour effet de cliver le vestiaire entre ceux qui étaient pour Rabiot, ceux plus pour X et ceux qui étaient neutres mais qui jugeaient la sanction trop sévère pour les deux joueurs. Enfin, l’impact sportif du départ d’Adrien Rabiot était aussi conséquent pour un joueur dont l’abattage sur le terrain avait grandement contribué au succès de la saison passée. Et on passe ici sur les atermoiements de la direction qui firent durer le suspens évoquant tout à tour à tour exclusion temporaire des joueurs, réintégration puis finalement transfert avant la fin du mercato. Certains verront aussi dans le départ forcé de Rabiot un moyen pour la direction de se débarrasser d’un salaire trop important.
La défaite 5-0 au Parc et celle 3-0 contre Bruges : un point de non retour pour De Zerbi
Ce qui est cruel dans la situation actuelle de l’OM, c’est de voir que pour une majeure partie de la saison les résultats étaient plutôt bons. Certes, l’équipe avait des hauts et des bas mais il n’y avait pas le feu à la maison. On sentait De Zerbi déçu de ne pas voir son équipe confirmer ses progrès mais tous les objectifs étaient encore réalisables. Ce qui semble avoir définitivement fait perdre tout espoir à De Zerbi c’est la défaite au Parc des Princes face au PSG. Ce match révéla toutes les failles et impasses du collectif marseillais : fautes individuelles, leader absent, pas de réaction d’orgueil,etc…La prestation des joueurs marseillais laissa leur coach en plein désarroi. Vous ajoutez à cela une défaite dans les derniers instants à Bruges 3-0, qui priva l’OM de la suite de l’aventure en Ligue des Champions,et vous avez le tournant de la saison. Entre défaite face au rival historique et élimination de la Ligue des champions dans des conditions rocambolesques, cela en était de trop pour De Zerbi. Après divers atermoiements, la décision fut prise et la collaboration entre l’OM et De Zerbi prit fin début février soit un an et demi après sa nomination. Le hic c’est que beaucoup de joueurs sont venus pour lui et que Benatia avait lié son sort à celui de son coach.
Le vrai faux départ de Benatia : où comment saper sa crédibilité auprès d’un groupe
Benatia ayant lié son sort à celui de son coach présenta donc sa démission avant de faire volte-face et de revenir faire son préavis et de nommer en remplacement de De Zerbi l’ancien coach de Rennes Habib Beye. Dans cette séquence, il semble que tout ait été trop vite pour Benatia. Tout d’abord une démission avec déclaration sur les réseaux sociaux pour acter son départ. D’aucuns diront qu’il s’agissait d’une stratégie pour revenir en position de force…Qu’importe si Benatia était dans une posture calculatrice le fait est que cela s’est retourné contre lui auprès de son groupe. Le directeur sportif a perdu de sa crédibilité auprès des joueurs et n’a eu de cesse de ruminer contre eux. On se souvient des déclarations de Benatia contre ses joueurs après la défaite de l’OM à Marseille. On y voit un directeur sportif esseulé qui garde encore la rancœur d’avoir dû se séparer de De Zerbi et qui est prêt à mettre tout sur le dos des joueurs. Une telle prise de position ne pouvait que distendre les liens déjà fragiles qui existaient entre le DS de l’OM et son effectif. Outre une communication contre-productive, Bentia fit une deuxième erreur: celle de nommer Habib Beye.
Le choix Habib Beye : pourquoi c’était voué à l’échec
- Beye et Benatia : un duo pas complémentaire
Beye et Benatia sont deux personnalités à fort ego et qui ont peu d’expérience à leur poste. Benatia n’avait jamais été directeur sportif avant son passage à l’OM tandis que Beye est encore un jeune coach de Ligue 1. Si vous regardez dans le détail chacun d’eux à encore tout à prouver. Benatia a eu une belle carrière de joueur avec des passages dans des grands clubs mais en tant que Directeur sportif il n’avait qu’une expérience d’agent à faire valoir. Pour Beye, il y a eu des débuts intéressants dans le métier d’entraîneur au Red Star mais c’est un club qu’il a vite quitté et à Rennes le bilan est assez mitigé. Les deux profils ne sont pas complémentaires en termes d’expérience mais aussi au regard de leurs personnalités. Il s’agit de deux caractères bien trempés et trop passionnés pour le contexte marseillais. L’OM a besoin de sang-froid et non de déclaration tapageuse ou de grand discours. C’est l’écueil dans lequel sont tombés tant Benatia que Beye.
- Beye coach de deux clubs de ligue 1 en une saison : un pari bien trop risqué
Beye était en difficulté à l’OM car il sortit tout juste d’une expérience mitigée à Rennes. C’était un choix fort risqué que d’enchaîner les deux sans prendre un peu de recul sur son bilan à Rennes. A-t-il pris le temps de faire son introspection ? A-t-il eu le temps de changer son management entre Rennes et l’OM ?Difficile pour lui de refuser l’OM mais c’est une opportunité qui est arrivée bien trop tôt dans sa carrière. Pour réussir dans un tel club, il faut une expérience bien plus solide que celle précédemment acquise par Beye. Ce n’est pas après une brève réussite au Red Star et quelques mois à Rennes et que vous pouvez arriver en position de force à l’OM. Au final, que retenir de son passage à l’OM ? La défaite à Lorient qui fait de lui le premier coach à avoir perdu trois fois contre un même club sur une saison de L1 ? Au-delà de cette rareté, Beye aura encore une fois démontré que c’est une chose d’avoir des certitudes sur un plateau télé mais que cela en est une autre de les transmettre à un effectif professionnel.
- Beye et ses discours : le syndrome T. Henry ?
Il y a chez Beye un syndrome Thierry Henry. On ne peut nier que les deux ont une certaine éloquence et possèdent des certitudes sur leur philosophie de jeu. Mais chez Beye comme pour Thierry Henry, il semble à chaque fois qu’une distance s’installe entre eux et leur effectif. Comme si en tant que coach il se mettait en dehors de leur groupe au lieu d’être à leur niveau. Leur ambition projet de jeu se heurte aux réalités du football d’aujourd’hui avec des effectifs chamboulés chaque année et des jeunes générations à qui il faut toujours tout justifier. Pour Henry comme pour Beye, il n’est pas dit que leur meilleure place soit sur un banc de touche et le poste de consultant est sûrement ce qui leur convient le mieux.
Voilà donc où en est l’OM à devoir reconstruire une fois encore son projet. On a eu le Champion Project puis le projet Dortmund et s’achève cette saison celui de Benatia. Aujourd’hui se dessine un projet made in France avec un directeur sportif et un coach français. On aurait là un attelage expérimenté gage de réussite mais faudra-t-il encore laissé du temps à ce projet. L’exemple d’Arsenal qui a conquis la Premier League avec Artetat prouve qu’il faut savoir garder le cap dans la tempête et ne pas tout jeter à l’eau à la première bourrasque venue. Comme le disait T. henry « le temps n’a pas de temps » c’est pourtant ce dont va avoir cruellement besoin l’OM. Du temps pour retrouver les sommets dans un environnement qui ne lui en donne que trop peu.
Et vous quel est votre bilan de la saison de l’OM ? A qui la faute selon vous ? Dites nous tout dans les commentaires.