Le penalty loupé : la hantise de tous les footballeurs

 

Brahim Diaz est le héros malheureux de cette Coupe d’Afrique des nations 2026. Le joueur marocain est à la fois meilleur buteur de la compétition mais aussi l’auteur de la panenka loupée dans les dernières minutes de la finale face au Sénégal. La situation de B. Diaz à la fin de ce tournoi résume à elle seule les hauts et bas inhérents à toute carrière. Pour se rassurer, l’attaquant du Real Madrid peut se dire qu’il n’est pas le premier ni le dernier à manquer un penalty. Dans son malheur, B. Diaz a juste eu le « tort » de louper son penalty dans le temps additionnel d’une finale de CAN. Là où il pouvait donner la victoire à son équipe il a au contraire relancé son adversaire. Mais cela serait mal connaître le football que de le tenir responsable de cette défaite. Le football est un sport collectif où l’on perd et gagne ensemble. Ce que vit actuellement B. Diaz d’autres joueurs l’ont déjà traversé dans des proportions diverses et variées. Retour sur ces penalties loupés qui ont décidé du sort d’une rencontre.

Reynald Pedros : demi-finale de l’Euro 1996

L’Euro 1996 est souvent présenté comme l’acte fondateur d’Aimé Jacquet. La sélection de l’équipe de France se hissera jusqu’en demi-finale du tournoi face à la République tchèque. Au terme d’un 0-0 au bout du temps réglementaire, c’est au penalty que les deux équipes vont devoir se départager. Les cinq premiers tireurs français réussissent à marquer et idem côté tchèque. Après Zidane, Djorkaeff, Lizarazu, Guérin et Blanc c’est donc R. Pedros qui s’avance pour tirer le sixième penalty. Malheureusement, il rate sa tentative et Lama ne peut sortir le penalty de Kadlec. Dans Sport.fr, l’ancien joueur nantais déclarera « C’est un penalty loupé . » « Je ne l’ai pas très bien tiré. Derrière, c’est le couperet, parce que si l’adversaire marque c’est fini (…) J’espérais que celui de derrière allait le louper aussi . » Dans une introspection tout à son honneur, Pedros confiera même « Si on s’était qualifiés pour la finale, je pense qu’on aurait pu la gagner . » Certes, mais dans ce cas, la France aurait-elle gagné la Coupe du monde 1998 ? L’approche de cette compétition auréolé du titre européen aurait été toute autre et la perception de l’équipe de France par ses adversaires bien différente.

Beckham : France – Angleterre Euro 2004

Euro 2004 : vous vous souvenez ? La victoire surprise de la Grèce, le Portugal privé du titre à domicile, etc…Pour la France, ce tournoi évoque surtout le doublé de Zidane face à l’Angleterre dans un improbable retournement de situation. Les anglais menaient 1-0 jusqu’à la 90e minute avant que Zidane d’un doublé offre la victoire aux bleus. Cette remontada aurait pu ne jamais voir le jour si Bekcham avait fait le break à la 80e minute. Wayne Rooney avait pris de vitesse Mickaël Sylvestre et venait d’obtenir un penalty. Beckham s’élança donc face à Barthez avec l’espoir de sceller la victoire anglaise mais le gardien de l’équipe de France repoussa la frappe de son coéquipier de Manchester United. Après le match en interview, Barthez restera modeste quant à son exploit : « Un penalty, c’est un coup à droite, un coup au centre, un coup à gauche. On donne la maximum à la poussée et puis…voilà ». Pour Beckham, c’est décidément un Euro à oublier lui qui ratera également son tir au but en quart de finale contre le Portugal.

Luis Figo : Juventus – Madrid Ligue des champions 2003

L’ère des galactiques a laissé derrière elle bien des regrets, au premier rang desquels se trouve sans doute le Juventus-Madrid de la Ligue des champions 2003. Dans cette double confrontation pour une place en finale, Madrid partait avec un léger avantage suite à sa victoire 2-1 au match aller . Mais au retour, les absences au coup d’envoi de Makélélé et Ronaldo vont se révéler préjudiciable. Plus encore, c’est le penalty loupé par Luis Figo, alors que équipe était menée 2-0, qui va peser lourd dans le résultat final. Dans face à face avec Buffon, Luis Figo tire très moyennement son penalty et le gardien italien parti du bon côté parvient à le repousser. La chance du Real Madrid vient de passer et le troisième but turinois annihilera toutes chances de qualification pour la finale.

Lizarazu : France – Italie 1998 et Bayern Munich

Le rêve français du titre mondial en 1998 aurait pu s’arrêter en quart de finale face à l’Italie. Ce n’est pas Lizarazu qui vous dira le contraire lui qui loupa son penalty au terme du 0-0 entre les deux équipes. Dans l’émission « AS Foot » (diffusé sur Twitch) Lizarazu reviendra 22 ans plus tard sur ce douloureux souvenir : « C’est un moment très dur, mais ça n’a pas duré longtemps, car derrière il y a un péno manqué par l’Italie. Donc c’est vrai que je n’ai pas eu le temps de me poser 1 000 questions. Après, lors d’une séance de pénaltys, ce que je dis toujours c’est que, déjà, il y a ceux qui tirent et ceux qui ne tirent pas. Et ça, c’est très important de le dire, car il faut respecter ceux qui prennent la responsabilité de tirer. Et, malheureusement, si les tirs au but peuvent sembler l’exercice le plus facile, le faire en Coupe du Monde c’est le plus dur des exercices ou un des plus durs. » Au vu du témoignage de Lizarazu, on comprend l’angoisse face à laquelle a pu se retrouver B. Diaz. Mais LIzarazu a su effacer ce mauvais souvenir qul=elques années comme le l’explique dans cette émission : « Après, c’est rigolo, car trois ans après je me retrouve sur une séance de tirs au but en finale de Ligue des Champions avec le Bayern et je marque en frappant en force, croisé, et pas enveloppé sur le côté. J’ai mis une mine, je vous jure ! Je pensais tellement à ce penalty-là, manqué contre l’Italie, que j’ai mis la plus grosse mine que je pouvais. » B. Diaz pourra s’inspirer de la résilience dont a fait preuve Lizarazu en se disant que lui aussi aura droit à une seconde chance à un moment ou à un autre de sa carrière. Les détracteurs de B. Diaz pourront aussi réfléchir au témoignage de Lizarazu qui rappelle, en dépit de l’échec, le courage qu’il faut pour tirer un penalty : « Je faisais partie des cinq mecs pour tirer, alors que les autres regardaient. C’est facile ça… Mais, déjà, il fallait prendre la décision d’être là, de le faire, alors je respecte toujours les tireurs. Enfin, Platoche a raté, plein de très grands joueurs ont raté un penalty à un moment donné de leur carrière… »

Zidane : l’excellence sur penalty quand arrive l’acmé d’une rencontre

Si on a souvent reproché à Zidane de perdre ses nerfs occasionnant par là de nombreux cartons rouges, il a paradoxalement su toujours faire preuve de sang froid sur les penaltys. Son bilan en la matière en équipe de France est quasi parfait. Commençons avec l’Euro 1996, il marque son penalty en demi-finale contre la République tchèque. En 1998, même cas de figure en quart de finale avec l’Italie et là Zidane réussit encore son tir au but. Après la Coupe du monde vint l’euro 2000 et la demi-finale contre le Portugal. L’arbitre siffle un penalty pour une main litigieuse d’Abel Xavier. Les joueurs portugais sont en furie et ne décollèrent pas. Au bout de nombreuses minutes d’attente pour retrouver le calme, le penalty va enfin pouvoir être tiré. Zidane s’élance avec au bout du pied la qualification pour la finale. Le meneur de jeu est concentré et vient placer le ballon dans la lucarne droite du gardien. A l’Euro 2004, c’est encore Zidane qui, dans les arrêts de jeu et alors que la pression est à son comble, offrira la victoire face aux anglais grâce à un penalty à la dernière minute. Enfin, est-il besoin de rappeler sa panenka en finale de la coupe du monde 2006 ? La perfection n’étant pas de ce monde certains iront chercher le penalty manqué face à la Chine où Zidane glisse sur son pied d’appui. Mais qu’importe les penaltys cruciaux, ceux qui font l’histoire et le destin d’une équipe ont toujours été transformés par Zidane.

Brahim Diaz pourra s’inspirer des différents joueurs qui sont passés par là avant lui. Il va devoir vivre avec ce loupé et surmonter les prochains défis à venir de sa jeune carrière. Pour cela, il lui faudra être bien entouré par ses coéquipiers et ses proches mais c’est aussi à nous supporters d’offrir un droit à l’erreur à nos idoles. Le football reste un jeu et même si tout un pays attendait le bonheur d’une victoire le plus déçu aujourd’hui est certainement B. Diaz…

Et vous condamnez-vous la panenka de B. Diaz ou comprenez-vous son geste ? Dites nous tout dans les commentaires.

 

 

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1 réflexion au sujet de « Le penalty loupé : la hantise de tous les footballeurs »

  1. Malheureusement j’ai l’impression qu’il a pêché par orgueil. La panenka de Zizou en 2006 a été tenté aussi parce que le gardien en face le connaissait bien puisqu’ils ont évolué dans le même club à la Juve. Donc il a tenté un truc auquel il ne s’attandait pas.
    Là au vu du contexte plus que litigieux avec le Sénégal, un penalty tiré honnêtement aurait marqué plus de respect ! Mais bon c’est la dure loi du foot

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