
Années 1997/98, nous sommes à l’aube d’une année qui va bouleverser le foot français. On est sur une année de coupe du monde et chaque joueur va chercher à réussir la saison de sa vie. Il faut taper dans l’oeil de son sélectionneur et garantir sa place de titulaire pour joueur l’une des plus belles compétitions au monde. Pour Ronaldo, c’est l’année de tous les défis : réussir dans son nouveau club de l’Inter Milan, suite à son départ du FC Barcelone et soulever la coupe du monde en France, lui qui l’a déjà gagné sans joueur en 1994 (il avait alors 17 ans).
Pour l’Inter Milan, la saison 1997/98 est primordiale. Le président Moratti arrivé en 1995 tarde à gagner ses premiers trophées et décide donc de frapper un grand coup sur le marché des transferts en recrutant le prodige de brésilien tout juste âgé de 21 ans. Ronaldo sort tout juste d’une saison aboutie au FC Barcelone (44 matchs pour 39 buts) mais ne parvient pas à se mettre d’accord avec les dirigeants catalans. C’est donc en Italie qu’il va poursuivre sa carrière dans un Calcio réputé difficile pour les buteurs.
Saison 1997/98 de l’Inter Milan : le vol du Calcio par la Juventus ?
Dans cette première saison en série A, Ronaldo ne décevra pas et réussira le tour de force de marquer 25 buts dès son arrivée ce qui fera de lui le joueur étranger le plus prolifique pour une première saison en Italie. Les défenses du Calcio cèdent elle aussi face à ce mélange de puissance, vitesse et technique que possède Ronaldo. L’Inter Milan s’appuie sur son génie brésilien pour concurrencer la Juventus Turin dans la course au titre. Les deux équipes sont au coude à coude et tout va se jouer un 22 avril lors d’une confrontation entre les deux équipes. Ce match est celui qui va départager les deux équipes et sceller le sort du Scudetto. C’est la 31e journée de championnat et les Bianconeri ont un point d’avance sur les Nerazzuri. Dans ce match, on attend forcément que Ronaldo fasse la différence et donne la victoire aux milanais. Mais c’est la star de la Juve, Del Piero qui ouvre le score et permet à la Juventus de mener au score. Ronaldo ne mâche pas ses efforts et arrive à la 69e minute l’action qui fera éternellement polémique. Le brésilien fixe son défenseur direct Mark Iuliano qui l’envoie valser en pleine surface de réparation. Penalty me direz-vous ? Que nenni, en ce temps-là les affaires de corruption n’ont pas encore éclatées et certaines décisions, souvent favorables à la Juve, sont monnaie courante. L’arbitre ne siffle donc pas et le score en restera là : victoire 1-O de la Juventus. L’Inter n’a pas le temps de s’apitoyer sur son sort et doit désormais se concentrer sur la finale de coupe de l’UEFA face à la Lazio de Rome.
La consécration européenne avec un Ronaldo en état de grâce
Il est facile de trouver des matchs références dans la carrière d’un joueur tel que Ronaldo mais rare sont ceux qu’il a dominé de la tête et des épaules comme celui face à la Lazio. Dans ce match tout y est : la quête d’un titre majeur, un but d’anthologie, des gestes de classe mondiale et ce sentiment qu’il pouvait faire basculer le match à lui tout seul à tout moment. Et c’est bien ce qui se passa à la 70e minute avec un Ronaldo lancé dans le profondeur le reste appartient à la postérité : Ronaldo fixe le gardien, fait mine d’aller à droite puis à gauche ,pour finalement filer à droite et laisser le gardien adverse désemparé par ces feintes de corps. Ronaldo n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. Sa vitesse et sa puissance viennent parachever le succès milanais avec ce troisième but iconique. Son coéquipier Francesco Moreiro comprend qu’il vient d’assister à un moment de légende et vient genou à terre faire mine de nettoyer le crampon de Ronaldo qui a le pied posé sur son genou. Ce but eût déjà été suffisant pour qualifier sa prestation de grand art mais Ronaldo y ajoutera aussi cette virgule exécuté près de la ligne de touche et devant un Nesta médusé qui n’y aura vu que du feu. Le récital est complet, Ronaldo soulève son premier trophée européen avec l’Inter Milan tout en arborant un drapeau brésilien pour le tour d’honneur. Il ne le sait pas encore mais il vivra dans quelques semaines sa plus grande désillusion en finale de coupe du monde face à la France. Ainsi va la vie de footballeur un jour en héros et le lendemain en vaincu.
Si ce match reste dans toutes les mémoires c’est qu’il est un des rares moments de gloire avec l’Inter Milan et même en club pour Ronaldo. Pour aussi incroyable que soit sa première saison avec l’Inter Milan, le reste de son parcours dans le club milanais aura été malheureusement terni par de graves blessures aux genoux. Il quittera le club une fois remis sur pied et vainqueur de la coupe du monde 2002. L’Inter Milan, après l’avoir soutenu durant sa convalescence, de profitera pas de son retour au haut niveau mais ça sera au Real Madrid qui’il ira retrouver des rêves de gloire.
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