
Alors que le tirage au sort de la Coupe du monde 2026 a eu lieu, et que les équipes choisissent leur camp de base, doit-on être optimiste pour cette édition ou craindre un fiasco ?
A chaque organisation de la Coupe du monde, le pays hôte a droit à son lot de polémiques. Le Brésil en 2014 a été accusé de privilégier la construction de stade et la rénovation des aéroports au détriment de programmes sociaux. En 2022, le Qatar a lutté contre les menaces de boycott suite au scandale des conditions de travail des ouvriers immigrés. Le Maroc, co-organisateur de la Coupe du monde 2030, est lui dans le viseur des associations de défense des animaux pour sa gestion du fléau des chiens errants dans le pays. Le principal organisateur de l’édition 2026, les Etats-Unis, ne dérogent pas à la règle et voici les controverses de ce futur mondial américain.
La Coupe du monde à 48 équipes : la fausse bonne idée ?
De 1998 à 2022, les Coupes du monde se sont disputées à 32 équipes. La grande nouveauté de l’édition 2026 est qu’elle se jouera à 48 équipes. Si on est heureux pour les supporters de Curaçao, de l’Ouzbékistan ou du Cap-Vert, on est aussi en droit de s’interroger sur l’impact de cet élargissement. Le risque n’st-il pas de voir des matchs sans saveur lors des premières rencontres ? L’intérêt de la compétition ne va-t-il pas en pâtir ? Avec 104 matchs sur 56 jours l’enthousiasme de va-t-il pas s’étioler ? La FIFA ne s’embarrasse pas de ces doutes elle qui verra ses recettes bondir et qui envisage déjà une Coupe du monde à 64 en 2030…
Un mondial dont le prix des billets fait polémique
Le football est un sport populaire par essence. Là où le tennis ou le golf semblent réserver à une élite, le football est un sport accessible à tous. On peut y jouer n’importe où et une balle suffit pour s’y adonner allègrement. Or, plus les années passent et moins ce constat est vrai. Si la pratique reste ouverte à tous, aller voir un match au stade ou le suivre à la télévision nécessite un budget toujours plus conséquent. Et le prix des billets du mondial 2026 franchis un nouveau cap dans cette réalité. Rendez-vous compte, le réseau Football Supporter Europe (FSE) a mesuré l’inflation à +de 370 % comparé à l’édition 2022 au Qatar. Concrètement, ce coût astronomique d’un billet sera de 191 à 604€ le match de poule et de 3601 à 7466 euros pour la finale. La FIFA a bien essayé d’éteindre la polémique avec une vague de billet à 60 dollars, prévoyez tout de même de casser votre tirelire si vous voulez en être. Et on n’évoque même pas ici le coût du vol ou de l’hébergement…
L’organisation entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique : une aberration écologique ?
On se souvient de l’Euro 2020 (de 2021 suite au COVID) joué dans plusieurs pays pour son 60e anniversaire. Cette organisation avait déjà soulevé maintes polémiques : bilan carbonne, santé des joueurs, coût financier pour les supporters, etc…Cette édition 2026 de la Coupe du monde va tomber dans les mêmes travers mais à un niveau supérieur. La compétition se jouera dans 16 villes hôtes réparties dans trois pays. Le hasard du tirage au sort fait que si certaines sélections seront épargnées par de longs déplacements d’autres au contraire vont cumuler les heures de vol. C’est le cas de l’Algérie par exemple qui devra faire 4840km en deux villes ( Kansas City – San Francisco – Kansas City). Au-delà de l’empreinte carbone, ces déplacements interrogent sur la santé physique des joueurs. Comment vont-ils gérer mentalement et physiquement de tels trajets en avion? La qualité des matchs sera-t-elle au rendez-vous en dépit de la fatigue des joueurs ? Que dire de l’équité sportive entre des équipes au nombre d’heures de vol si disparate ?
Des supporters interdits d’entrée aux Etats-Unis ?
Si malgré le coût des billets et toute la logistique à prévoir certains supporters sont prêts à faire le voyage faut-il encore que votre pays ne fasse pas partie des indésirables. C’est le cas du Sénégal et de la Côte d’Ivoire visés par des restrictions partielles d’entrée aux Etats-Unis. Certes, les joueurs, leurs proches et les équipes techniques échappent à cette mesure mais les supporters eux ne sont pas admis dans cette exception. Les supporters de Lions de la Teranga ne pourront donc pas venir encourager leur équipe sur le sol américain. La Maison Blanche justifie cette décision par des cas de « dépassement de la durée de séjour autorisée » ciblant notamment les étudiants Sénégalais restés illégalement sur le territoire américain. A moins d’une inflexion dans la position américaine, il est à craindre que les sélections du Sénégal et de la Côte d’Ivoire ne puissent compter sur leurs supporters durant ce mondial.
Comme à chaque événement sportif, les polémiques et appel au boycott surgissent de façon véhémente dans l’espace public. Le sport a toujours été instrumentalisé politiquement dans un sens ou dans un autre. Et comme toujours au premier coup de sifflet du premier match, le sport reprendra ses droits pour on l’espère vivre une belle Coupe du monde 2026.
Et vous êtes-vous impatient de suivre la Coupe du monde 2026 ? Dites nous dans les commentaires