Et si Ronaldo n’avait pas fait de malaise avant la finale France-Brésil de 1998 ?

 

Photo by Achim Scheidemann/picture alliance via Getty Images)

Une foule en liesse, tout un pays qui se découvre une passion pour le football, des joueurs érigés en héros national et si tout cela n’avait pas existé ? La Coupe du monde 1998 qui échappe à la France faute à un Ronaldo des grands soirs. Et si lors de cette finale France- Brésil Ronaldo n’avait pas fait de malaise et permis au Brésil de décrocher le trophée Jules Rimet, que se serait-il passé ? C’est ce que nous allons essayer d’imaginer maintenant.

Nous sommes à quelques minutes du coup d’envoi de la finale France-Brésil de 1998. Lors de la première composition d’équipe livrée par la Selecao, leur joueur vedette Ronaldo n’est pas titulaire mais remplacé par Edmundo. C’est une véritable surprise mais les bleus doivent rester concentrés. Finalement, deuxième composition Ronaldo est bien là, participera à l’échauffement et sera titularisé à la pointe de l’attaque. Bien des années plus tard, plusieurs versions existent pour expliquer l’absence d’Il Fenomeno sur la première composition d’équipe. Certains parlent d’un malaise, d’autre de crise d’épilepsie et Roberto Carlos ira jusqu’à croire mort son ami et coéquipier. Il sera dit également que Ronaldo n’était pas apte à jouer mais que c’est Nike qui a fait pression pour voir le célèbre buteur sur le terrain. Ces débats sur l’opportunité de l’avoir mis titulaire au regard de son état de santé seront alimentés par cette triste performance lors de ce match. Le numéro 9 brésilien n’aura que trop peu pesé sur la défense française et aura fait un match très loin du niveau affiché durant la compétition. Les détracteurs de l’équipe de France iront jusqu’à dire qu’avec un Ronaldo au top de sa forme, les bleus n’auraient pas gagné cette finale. Si on ne partage pas cet avis, imaginons tout de même ce qu’il serait advenu pour le football français si la France avait perdu ce match.

On refait le match avec un Ronaldo à son top

Les bleus l’ont fait : ils sont en finale même la génération Platini n’y était pas parvenu. Les bleus ont eu du mal, tout n’a pas été parfait, loin s’en faut mais ils ont leur rêve à portée de main. On ne pouvait rêver plus belle finale, les bleus affrontent la meilleure équipe de l’histoire du football. Les conditions sont idéales : la météo est magnifique, le groupe est au complet hormis Laurent Blanc suspendu, les supporters sont enfin derrière leur équipe et la confiance dans le groupe est à son maximum. Au moment d’entrer sur le terrain les joueurs sont déterminés. L’hymne national est chanté comme jamais. Fabien Barthez a droit à son bisou sur le crâne par Laurent Blanc. Malgré la suspension du défenseur, il ne faut pas déroger à cette habitude prise depuis le début de ce tournoi. Les brésiliens sont eux entrés sur la pelouse en se donnant la main. Ronaldo est plus rayonnant que jamais et semble décider à écrire sa légende lors de ce match. Les premières minutes sont à l’avantage de la Seleção qui monopolise le ballon. Dans ses premiers duels avec Ronaldo, Leboeuf semble fébrile mais est bien secondé par Thuram. Au milieu de terrain, Zidane cherche à trouver de l’espace libre mais Dunga ne le lâche pas d’une semelle. Les bleus pour se donner de l’oxygène relance haut vers Guivarc’h. L’attaquant breton arrive à faire remonter le bloc équipe grâce à son jeu dos au but. Les bleus reprennent confiance et obtienne un premier corner. Djorkaef tire au premier poteau et Zidane vient placer une magnifique tête qui passe juste à côté du cadre. Les bleus reprennent confiance mais les brésiliens se rebiffent. A la 37e minute, c’est Leonardo qui lance dans la profondeur Ronaldo. Le buteur prend de vitesse Leboeuf et remporte son un contre un face à Barthez. Le Brésil ouvre le score et Ronaldo peut exulter. Le jeune attaquant porte sur ses épaules la pression de tout un pays et vient répondre aux attentes en donnant l’avantage à son équipe. Les bleus accusent le coup et le retour au vestiaire tombe à pic. Aimé Jacquet tente de trouver les mots justes pour remotiver ses joueurs. Deschamps y va de ses encouragements. Les bleus sont remobilisés à l’approche de cette deuxième mi-temps. Ils doivent tout donner pour ne pas passer à côté de leur rêve. L’arbitre siffle le début de la deuxième mi-temps , tout de suite les bleus s’installent dans le camp adverse. Zidane et Lizarazu arrive à combiner tandis que Karembeu parvient à contenir Roberto Carlos dans ses montées sur l’aile gauche. Les bleus sont dans un temps fort et obtiennent un corner après une frappe de Djorkaeff bien détournée par Taffarel. Le corner est tiré par Emmanuel Petit. Le centre tendu arrive au premier poteau où Zidane surgit pour placer une magnifique tête. Toute la défense brésilienne est passive, Taffarel ne bouge pas et regarde le ballon se diriger vers le but, les spectateurs sont debout, le temps se fige et la balle rase la lucarne pour venir toucher les filets extérieurs. Tout le monde s’imaginait voir le ballon entrer dans le but brésilien mais il n’en est rien. Les bleus viennent de laisser passer leur chance d’égaliser. Le Brésil reprend sa main mise sur le jeu et s’installe dans le camp tricolore. Les bleus concèdent des corners et Barthez doit s’employer pour repousser les tirs de Rivaldo et faire souffler sa défense sur les centres de Cafu. La défense des bleus est héroïque mais fini par craquer sur une attaque rondement menée par la Seleção. Rivaldo vient trouver Ronaldo sur le côté gauche, le buteur de l’Inter Milan dépose Leboeuf d’un passement jambe et centre pour Leonardo qui a parfaitement suivi au second poteau. Desailly tente un tacle à bout de force mais Leonardo est le plus prompt et vient marquer le deuxième but des brésiliens. Djorkaeff vient chercher le ballon dans le but des bleus et exhortent ses coéquipiers à y croire encore. Les bleus sont solidaires de leur attaquant et se dépêchent de se replacer au niveau du rond central. Sur le banc des bleus, le staff technique tente de maintenir l’espoir de revenir au score. Il reste encore 30 minute à jouer et les bleus jettent leur dernière force dans la bataille. Thierry Henry entre à la place de Karembeu pour mettre de la folie dans ces toutes dernières minutes du match. Les bleus prennent tous les risques avec un T. Henry qui se déchaîne face à Roberto Carlos, le jeune monégasque parvient à centrer et à obtenir des corners. Mais la réussite fuie S. Guivarc’h dont la tête passe à côté du cadre. La fin du temps réglementaire approche dangereusement. Pirès et Trezeguet on fait leur entrée en jeu. Les bleus tentent de destabiliser le bloc adverse mais leur prise de risque ne paie pas et c’est le Brésil qui dans les arrêts de jeu vient placer un dernier contre meurtrier. Ronaldo part du rond central à la limite du hors jeu, il s’élance vers la surface de réparation des bleus. Thuram tente de revenir vers le buteur brésilien mais il est déjà trop tard. Ronaldo fixe Barthez, le dribble par un crochet extérieur et vient parachever la victoire des auriverdes avec un troisième but splendide. Les rêves de titre mondial pour la France sont définitivement enterrés. L’arbitre siffle la fin du match les acteurs du match sont en pleurs. Pour les brésiliens se sont des larmes de joie mais pour les bleus celles des regrets éternels.

La cérémonie de remise de la Coupe du monde

Depuis le troisième but brésilien le stade se fait silencieux. Les tribunes se vident peu à peu et la liesse populaire n’aura pas lieu. Les français ont rêvé mais l’équipe échoue alors qu’elle était si près du but. Mais les bleus n’en ont pas terminé avec cette finale, le plus dur commence maintenant. Il faut attendre la remise de cérémonie du trophée. Sur la pelouse, les joueurs ont le visage hagard et le staff technique est abasourdi. Aimé Jacquet reste digne et félicite son homologue brésilien Mario Zagallo. Laurent Blanc réconforte Franck Leboeuf complètement aux abois face à Ronaldo. Dugarry va lui vers son ami Zidane, qui en plus d’avoir été expulsé en phase de poule, n’a pas été décisif sur ce match. Bernard Lama relève Barthez et met de côté sa frustration personnelle. Les bleus restent solidaires dans la défaite et sont appludis par les brésiliens au moment d’aller chercher leur médaille. Le président Jacques Chirac a le visage fermé tandis que Platini peine à cacher sa déception. Les joueurs français redescendent vite de la tribune et se dirigent droit vers les vestiaires. Ils ne verront pas J. Chirac remettre le trophée Jules Rimet à Dunga. La Seleção est championne du monde. Le stade de France leur appartient pour cette nuit. Le rêve français s’est éteint ce 12 juillet 1998.

La recherche d’un bouc émissaire pour justifier de la défaite des bleus

Les bleus ont perdu et c’est tout un rêve qui s’écroule. Le parcours a été beau mais s’achève au pied de la dernière marche. La peine et la frustration sont trop grandes, il faut chercher une victime expiatoire pour cette immense déception. Les reporters recueillent les impressions des supporters au sortir du stade de France. Certains s’en prennent à Franck Leboeuf le remplaçant de Laurent Blanc expulsé face à la Croatie. Le joueur de Chelsea a fait de son mieux lors de cette finale mais a souffert le martyr contre Ronaldo. Le Brésilien lui a tout fait : passement de jambes, virgule et contrôle orienté, le défenseur tricolore a été pris de vitesse sur chaque action. Les journalistes en plateau s’en prennent eux à Aimé Jacquet. Le sélectionneur est vilipendé pour son jeu purement défensif qui a fait pâle figure contre les brésiliens. Les observateurs et apôtre du beau jeu encense une sélection brésilienne prônant un football offensif et spectaculaire. Les anciens joueurs de l’équipe de France désormais consultant ciblent eux Zinédine Zidane. Il est reproché au numéro dix français son carton rouge en phase de poule mais aussi son incapacité à être décisif dans les grands matchs. Le quotidien sportif L’Equipe se demande si un David Ginola ou Eric Cantona n’aurait pas fait mieux. L’avenir d’Aimé Jacquet est quasi scellé et celui de certains joueurs est compromis. Les yeux dans les bleus de Stéphane Meunier, le film sur l’épopée des bleus ne se vend pas. Le public veut tourner la page de cette parenthèse footballistique dont l’épilogue se révéla une cruelle déception.

L’après Coupe du monde : un dur retour à la réalité pour l’ensemble du football français

Les plus anciens joueurs de l’Equipe de France annoncent leur retraite : Didier Deschamps et Laurent Blanc mettent fin à leur histoire avec les bleus. Bernard Lama n’acceptant pas d’être le numéro deux derrière Fabien Barthez préfère s’arrêter là. Franck Leboeuf touché par les critiques après son naufrage contre Ronaldo tire également sa révérence. Zidane ne deviendra jamais l’idole nationale, il est passé à côté de sa coupe du monde tout comme à l’Euro 1996. Aimé Jacquet sort meurtri de cette finale lui qui s’était donné corps et âme avec l’espoir d’apporter aux bleus leur première étoile. C’est toute une équipe qui passe à côté de son destin. Les joueurs ne seront pas starifiés et les portes des grands clubs européens se referment. Le public et les médias se détournent rapidement d’une équipe qui n’aura jamais vraiment maîtrisé son sujet. Le politique se mêle de cette défaite et regrette les investissements publics engendrés par l’organisation de ce tournoi. La Garden-party à l’Elysée est annulée. Les joueurs préfèrent passer leurs vacances à l’étranger et le retour dans leurs clubs respectifs est délicat. Certains perdent leur place de titulaire. La Fédération française de football déplore elle baisse des adhérents. Du côté de la Ligue de football professionnelle, on s’inquiète de la baisse des droits TV avec cette désillusion qui rend le football français moins attractif.

Heureusement, ce scénario reste de la fiction mais le destin d’une équipe et de celui d’une carrière tient à un fil. L’aventure des bleus auraient très bien pu s’arrêter en huitième de finale face au Paraguay ou en demi-finale contre la Croatie. Mais il était écrit que les bleus devaient aller au bout de leur rêve et changer à jamais l’histoire du football français et celle du sport tricolore. Merci éternel à France 98 pour ce titre, les émotions procurées, l’inspiration donnée à toute une génération de sportif et merci d’avoir uni tout un pays ce soir d’un 12 juillet 1998.

Et vous pensez-vous que le match aurait tout autre avec un Ronaldo à 100% de ses capacités ? Dites nous tout dans les commentaires.

 

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