Les come-back dans le foot : bonne ou mauvaise idée ?

 

L’OGC Nice qui restait sur 9 défaites consécutives a décidé de se séparer de son coach, Franck Haise, mais aussi de son président , afin de relancer une saison très loin des ambitions initiales. Si la décision se comprend, la nomination du tandem Claude Puel/Jean-Pierre Rivière à la place de l’ancienne équipe en a surpris plus d’un. Jean-Pierre Rivière avait clamé haut et fort quelques jours avant dans Rothen s’enflamme qu’il ne reviendrait pas au club. Les observateurs du club se souviennent également que la fin de la collaboration entre J-P Rivière et Claude Puel ne s’était pas particulièrement bien terminée. Revoir ce duo à l’œuvre interroge et l’avenir nous dira si ce come-back était une bonne décision. En attendant, revenons sur quelques retours marquants de dirigeants ou de coach dans leur club pour le meilleur et le pire.

Le meilleur des come-back dans le foot : Zidane en équipe de France, Carlo Ancelotti à Madrid, Henry à Arsenal, Paul Scholes à MU

Zidane qui revient en équipe de France en 2006 pour la Coupe du monde, sans doute une des séquences les plus incroyables de la sélection tricolore. Zidane avait annoncé se retraite en août 2004 mais son amour de l’équipe de France le fait revenir sur sa décision un an après. Ce retour est pourtant risqué : l’équipe de France sous Raymond Domenech n’est plus que l’ombre d’elle-même. La qualification au mondial 2006 est loin d’être acquise et Zidane prend des risques en revenant dans une équipe alors en perdition. Zidane a conscience de la situation et revient dans ses valises avec Claude Makélélé et Lilian Thuram. Dès son retour, il marque contre la Côte d’Ivoire mais la route pour le mondial est encore longue. La suite vous la connaissez, les bleus se qualifieront et iront jusqu’en finale contre l’Italie. Les italiens sortiront vainqueur de la séance de tirs au but mais qu’importe le coup de boule ou la défaite Zidane aura réalisé l’un des retours les plus retentissants de l’histoire du sport.

Carlo Ancelotti est presque retombé dans un certain anonymat quand le Real Madrid fait de nouveau appel à ses services en 2021. Le technicien italien est alors à Everton après des expériences mitigées au Bayern Munich et à Naples. Mais Ancelotti reste le coach victorieux de la Decima et Florentino Pérez se rappelle à son bon souvenir pour ouvrir un nouveau cycle à Madrid. En revenant à Madrid, Ancelotti se doutait-il qu’il allait écrire l’une des plus belles pages de sa carrière et du club ? Le fait est que ce come-back à Madrid fera de lui le coach le plus titré de la Casa Blanca. Il gagnera lors de ce retour dans la capitale espagnole deux nouvelles Ligue des champions mais aussi deux Ligas en 2022 et 2024.

Thierry Henry est la légende d’Arsenal : meilleur buteur des Gunners l’attaquant français a même eu droit à sa statue à Londres. Autant dire que lorsque le joueur est revenu au club, durant la trêve de la Major League Soccer (MLS), les fans étaient impatients de le revoir. Et ils ne vont pas devoir attendre bien longtemps pour voir leur idole briller. La scène se passe le 9 janvier 2012, Arsène Wenger décide de faire entrer son ancien capitaine à la 68e minute de jeu du match FA Cup contre Leeds. Dix minutes plus tard voilà T. Henry qui se rappelle à ses plus belles heures et marque sur son premier ballon avec sa « spéciale » enroulé du pied droit. La communion entre le public et son buteur est toujours là bien présente. L’époque des Invincibles est désormais lointaine mais la magie opère encore bien des années après. Le come-back de T. Henry dans son club de cœur aura été éphémère mais ravivera la flamme des supporters pour leur équipe.

Paul Scholes est sans doute un des meilleurs milieux de terrain de l’histoire du football et une légende de Manchester United. Lorsqu’il prend sa retraite le 31 mai 2011, avec notamment dix titres de champion d’Angleterre et deux Ligues des Champions, c’est tout un pan des glorieuses années des Red Devil qui s’en va. Le joueur prend certes sa retraite mais continue à taper dans le ballon avec l’équipe réserve. Dans le même temps, MU connaît une vague de blessures au sein de son milieu de terrain. L’idée d’un retour de P. Scholes commence à trotter dans la tête des joueurs mais aussi de Sir Alex Ferguson. Ce qui était encore improbable quelques mois auparavant va finalement se concrétiser le 8 janvier 2012. Paul Scholes is back ! Celui qui avait fait son jubilé contre une sélection de joueurs évoluant sous le maillot du New York Cosms est réintégré à l’effectif professionnel. Son retour fera l’unanimité auprès de tous : coéquipiers, staff technique, supporters et journalistes. Le joueur qui devait revenir juste pour la fin de saison 2012 prolongera même pour un an de plus. Ce qui lui permettra de partir sur un nouveau titre de champion d’Angleterre et d’asseoir encore plus sa place parmi les légendes de ce sport.

Le pire des come-back dans le foot : Pogba à la Juventus, Gareth Bale à Tottenham , Lucien Favre à Nice.

Pogba c’est la carrière des come-back par excellence. Le joueur formé au Havre partira très tôt pour les Red Devil. Une fois en Angleterre le joueur se plaindra de son statut et ira chercher du temps de jeu en Italie, à la Juventus de Turin plus exactement. Là-bas, Pogba montre toute l’étendue de son talent durant quatre saisons à tel enseigne qu’il devient l’un des meilleurs du monde à son poste. La Juventus Turin devient trop petite pour lui et un transfert devient inéluctable. Il est un temps question du Real Madrid mais c’est finalement à Manchester United que le joueur va signer. Un choix surprenant pour un club qui est alors en pleine construction et pas qualifié pour la prochaine Ligue des Champions. Un come-back qui durera six ans dont le bilan est des plus mitigés. Le club navigue entre plusieurs projets et change de coach régulièrement. Pogba se mettra notamment à dos José Mourinho. Seul point positif à ce come-back une FA Cup en 2017 et une saison 2018-2019 à 15 buts. Mais on retrouvera le grand Pogba de l’équipe de France ou de la Juventus que par intermittence. En 2021-2022, son cycle à MU se termine et Pogba doit donner un nouvel élan à sa carrière, il choisit alors un nouveau come-back à la Juventus cette fois-ci. Le joueur retourne en effet dans le Piémont pour y retrouver un environnement qu’il connaît et dans lequel il a ses repères. Malheureusement, là encore ce come-back ne va pas se passer comme prévu. Celui qui était l’ancienne idole de la Juventus devient un poids pour le club. Entre blessures, brouille familiale le Pogba de 2022 est très loin du Pogba qui portait le maillot turinois de 2012 à 2016. Une affaire de dopage viendra sonner le glas de ce second passage en série A. Un come-back à oublier et qui montre combien il est risqué de revenir dans un club où l’on a laissé des bons souvenirs.

Gareth Bale s’est révélé à Tottenham où ses qualités de vitesse et de percussion ont fait des ravages en Premier League. Des performances qui lui permirent se signer au Real Madrid et de former la BBC (Benzema-Bale-Christiano) avec le succès que l’on sait en Ligue des champions. Mais malgré les titres et les buts exceptionnels, Gareth Bale a peu à peu baissé de régime accusant de nombreuses blessures. Le Real Madrid décida donc de Bale relancer en le prêtant à son ancien club de Tottenham. Là encore lorsqu’un joueur revient dans un club où il a brillé il bénéficie au début d’un état de grâce. Les supporters avaient en souvenir le Gareth Bale qui avait fait trembler l’Inter Milan et martyrisé Maicon. Cependant, les réalités du terrain reprennent vitre le dessus malgré l’enthousiasme des supporters. Le Gareth Bale de 2020 n’est que plus celui qui avait émerveillé les supporters anglais de 2010 à 2013. José Mourinho coach des Spurs à ce moment-là tente de redonner du temps de jeu à l’ailier gallois. Et sur un plan statistique, le bilan est loin d’être déshonorant avec 14 buts en 30 matchs. Mais le joueur n’a disputé que quinze rencontres sur les trente-deux possibles. L’image du joueur est aussi brouillée : entre passion pour le golf et motivation pour le football en berne, on se demande quelle est sa priorité. Ce prêt n’ira pas plus loin et le joueur retournera à Madrid. Son prime est passé, tout le monde en est désormais conscient. Il ne reste plus que la nostalgie du joueur qu’il a été et dont on regrette la fin de carrière en roue libre.

On termine ce panorama des come-back par celui de Lucien Favre à Nice. Il est curieux de voir que décidément à Nice on aime bien faire revenir ses précédents coachs. Jean-Pierre Rivière devrait pourtant se souvenir que le retour de L. Fabre à Nice, lors de la saison 2022-2023, fut un véritable flop. Lucien Favre arriva pourtant à Nice avec beaucoup d’ambition lors de son retour au club. Il alla même jusqu’à déclarer « D’ici deux ans, le club doit terminer parmi les trois premiers de la Ligue 1 ». Quelques mois plus tard, en janvier, une piteuse élimination en 32es de finale de la Coupe de France face au Puy-en-Velay lui coûte son poste. Lucien Favre aura été victime durant ce come-back d’un contexte compliqué : divergence avec ses dirigeants sur le mercato et une autorité remise en cause par l’entourage de son gardien Kasper Schmeichel. Un come-back qui tourne au fiasco et bien cruel pour le technicien suisse.

Réussir son come-back dans le foot est donc loin d’être assuré et pour éviter de cruelles désillusions mieux vaut s’assurer du contexte dans lequel on revient. Quand Zidane fait son retour en équipe de France, il a pris ses informations et sait ce dont il a besoin pour réussir. A contrario, Pogba lors de son retour à Manchester United aurait dû réaliser que le club était en perte de vitesse et non plus le grand MU du début des années 2010. Vous pouvez retourner dans le même club mais y retrouver un environnement totalement différent. Quand un coach ou un joueur revient dans un ancien club, il doit aussi faire face à un nouveau statut. Quand Bale est en prêt à Tottenham, on le voit comme le jeune joueur qui y a brillé en début de carrière mais également comme la star qu’il est devenu à Madrid. Cela engendre des nouvelles attentes et une pression supplémentaire. Si le come-back dans un club en tant que coach peut faire sens, celui en tant que joueur est à manier avec précaution. Espérons que pour l’OGC Nice celui du tandem Claude Puel/Jean-Pierre Rivière fasse revenir le club au premier plan.

Et vous que pensez-vous des come-back dans le foot ? Quels les exemples de come-back réussi selon vous ? Dites nous tout dans les commentaires.

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