
Pourquoi le football est-il si populaire dans le monde ? L’une des raisons est sans doute pour sa capacité à proposer des scénarios de match hors du commun. Certes, le cinéma ou le théâtre peuvent proposer des rebondissements et épilogues insoupçonnés. Ceci dit, rien ne remplacera jamais le spectacle offert par le match Bayern-Manchester United de la finale 1999 de la Ligue des champions. Retour sur ce match inoubliable dont le dénouement dans les dernières minutes est un quasi miracle.
Saison 1998-1999 des deux finalistes
Dans les années 1990 à 2010, Manchester United figurait comme principal candidat au titre domestique et était un sérieux prétendant à la coupe aux grandes oreilles. Lors de la saison 1998-1999, MU réalisa ainsi sa saison la plus prolifique de son histoire avec un triplé historique : championnat d’Angleterre, coupe d’Angleterre et Ligue des champions. L’équipe alignait un savant mélange de joueurs issus de son centre de formation associés à des valeurs sûres de la Premier League. Au-delà même des titulaires sur le terrain, le club était dominé par la figure légendaire de Sir Alex Ferguson (13 fois champion d’Angleterre).
En face, le Bayern Munich de ces années-là dispose d’atouts similaires avec un effectif d’internationaux allemands complétés par des talents étrangers. La saison 1998-1999 du club munichois est tout aussi brillante avec également le titre national. L’entraîneur du Bayern, Ottmar Hitzfeld, est moins légendaire que Sir Alex Ferguson mais mène avec charisme ses joueurs pour cette finale qui s’annonce des plus prometteuses entre deux clubs au sommet de leur art.
Une finale à sens unique…jusqu’aux arrêts de jeu
Le plus cruel pour l’équipe du Bayern Munich s’est que sa finale avait été maîtrisée de bout en bout. C’est eux qui dès la 6e minute ouvrirent le score grâce à un coup franc brossé de Mario Basler. En face, Manchester United peine à réagir faute aux absences de Paul Scholes et du capitaine Roy Keane pour suspension. On a beau être Alex Ferguson personne ne peut remplacer deux pièces maîtresses de son milieu de terrain sans que son équipe en pâtisse. Si le reste de la première période s’équilibre quelque peu, la victoire du Bayern semble sur les rails et la deuxième mi-temps ira dans ce sens. La formation de Ottmar Hitzfled aura encore deux opportunités d’alourdir le score mais le ballon viendra frapper les poteaux de Peter Schmeichel. Signe du destin déjà ? Quoiqu’il en soit sur le but adverse Oliver Kahn a de quoi s’ennuyer ferme lui qui ne sera sollicité qu’à la 82e minute pour son premier véritable arrêt du match. Fidèle à ses habitudes Alex Ferguson sort ses deux attaquants du banc que sont Teddy Sheringham et Ole Gunnar Solskjaer. Les deux joueurs se connaissent bien et ont l’habitude de rentrer simultanément en fin de match. Ottmar Hitzfeld de son côté décide lui de sortir Matthäus pour Fink. Un choix qui interroge au regard de ce qui va se passer quelques minutes plus tard.
La tension des arrêts de jeu pour un dénouement impensable
On joue la 90e minute, il reste 3 minutes d’arrêts de jeu et le Bayern mène 1-0. Sur le banc, les joueurs et staff munichois se voient déjà champions. Dans les gradins, les supporters s’imaginent déjà rentrer à Munich avec la coupe aux grandes oreilles. Et qui à cet instant pouvait décemment imaginer Manchester revenir au score et gagner le match ? Beckham lui devait y croire lorsqu’il s’élança pour tirer le corner de la dernière chance. 90 minutes et 30 secondes : Bechkam frappe le corner avec sa gestuelle iconique. Le gardien de Manchester Schmeichel est monté dans la surface, est-ce cela qui perturbe le dégagement de la défense du Bayern ? Celle-ci tergiverse. Le ballon cafouille dans la surface puis arrive on ne sait trop comment vers Giggs. Celui-ci tente la frappe du droit, son mauvais pied, et son tir maladroit au possible échoue dans les pieds de Sheringham. L’attaquant sorti du banc 20 minutes auparavant rôde sur la ligne des 6 mètres et n’a plus qu’à prolonger le ballon dans les buts d’Oliver Khan. Voilà le plus grand retournement de situation de l’histoire d’une finale qui se concrétise. Il en est de ces buts qui terrassent un adversaire et dont vous savez qu’ils vous assurent la victoire. Cette égalisation de Sheringham c’est la même que celle de Sylvain Wiltord en finale de l’Euro 2000. L’italie et les joueurs du Bayern ont sûrement vécu la même chose en cet instant. Le rêve qui vous tend les bras et qui s’échappe de vos mains au dernier moment. Le Bayern Munich venait de mettre un genou à terre et Manchester n’avait plus qu’à porter la dernière escadrille. Cela arriva à la 92e minute et 15 secondes. Le but est un remake du précédent. Là encore un corner côté gauche toujours tiré par Beckham , à la réception la tête de Sheringham toujours au 6 mètres. Cette fois-ci, il vient décroiser au bas du poteau opposé pour délivrer involontairement une offrande à son acolyte du banc Solskjaer. Ce dernier d’un tir réflexe vient faire trembler les filets. C’est le 2-1 ! Le stade peut entrer en fureur, Manchester United vient de réaliser l’impensable pour le plus grand bonheur de ses fans et de tous les amoureux du football. A la joie incommensurable des joueurs mancuniens vient se confronter la détresse insondable du camp bavarois. On se rappelle de ces images de Samuel Kuffour frappant de rage la pelouse du Camp Nou. Perdre une finale est déjà dure mais dans ces conditions-là et à l’inverse remporter une victoire alors que tout était perdu dans le temps réglementaire…
L’après finale de 1999 pour les deux équipes
Le Bayern sera rebondir de cet échec pour gagner la ligue des champions dès 2001 et effacer le cauchemar d’une finale précédemment perdue dans les arrêts de jeu. Pour Manchester, cette victoire de 1999 est fondatrice et sera suivie en 2000, 2001 et 2003 de la Premier League. Alex Ferguson sera anobli et deviendra Sir Alex Ferguson et le « Fergie time » où son équipe revient au score dans les arrêts de jeu deviendra légendaire. Il faudra toutefois attendre 2008, soit presque dix ans plus tard, pour voir les diables rouges soulever de nouveau la coupe aux grandes oreilles.
Cette finale de 1999 restera dans les annales et en expliquer le dénouement, même des années après, relève de l’irrationnel.
Et vous que retenez-vous de cette finale ? Mauvais coaching de Ottmar Hirzfeld ? Malchance avec les poteaux ? Comment expliquez-vous ce retournement de situation ? Dites nous tout dans les commentaires.
Triplé pour Manchester cette année là ! Ils sont à leur meilleur en 1999 !
Je me souviens l’avoir vue et c’est vrai que c’était bluffant ahah c’était du grand Manchester ces années-là et ils le doivent beaucoup à un milieu de terrain de génie qui était Paul Scholes (et Giggs aussi quand même) soit celui que Xavi considérait comme son modèle.